Le Conseil de l’Union européenne a adopté ce jeudi 26 juin une nouvelle mesure restrictive visant Nathalie Yamb, militante politique et influenceuse d’origine camerounaise et suisse. Cette décision s’inscrit dans le cadre du renforcement des sanctions imposées à la Russie pour ses activités jugées déstabilisatrices par l’UE.
Par la décision (PESC) 2025/1279, le Conseil modifie sa décision précédente (PESC) 2024/2643 en ajoutant le nom de Mme Yamb à la liste des personnes faisant l’objet de sanctions individuelles. L’acte juridique, publié au Journal officiel de l’Union européenne, précise que cette mesure entre en vigueur immédiatement.
Une militante accusée de soutenir l’agenda du Kremlin
Le Conseil justifie cette inscription par les positions publiques prises par Nathalie Yamb en faveur de la Russie. Selon le texte, elle « soutient des actions et des politiques imputables au gouvernement de la Fédération de Russie qui compromettent ou menacent la démocratie, l’État de droit, la stabilité ou la sécurité de l’Union ou de ses États membres ».
L’UE lui reproche notamment d’adopter « le langage de Moscou » et de prendre pour cible l’Occident, en particulier la France, dans un objectif présumé d’éviction des puissances occidentales d’Afrique. Les autorités européennes mentionnent aussi des liens spécifiques avec l’AFRIC, une organisation jugée proche de sociétés militaires privées russes.
Une réaction critique de l’intéressée
Peu après l’annonce, Nathalie Yamb a réagi via son compte Facebook, dénonçant une décision « hypocrite et raciste ». Dans un message cinglant, elle fustige ce qu’elle considère comme une tentative de museler les voix africaines critiques de l’Occident :
« Une Africaine qui parle de souveraineté ? Forcément une marionnette. Une femme noire qui dénonce l’exploitation ? Naturellement téléguidée. […] La décision de l’Union européenne n’est pas une sanction. C’est une confirmation. »
Elle accuse l’Union européenne d’incohérence, pointant du doigt ses relations économiques persistantes avec la Russie, notamment dans les secteurs du gaz, des métaux rares et des engrais.
Une figure clivante sur la scène panafricaine
Depuis, elle s’est imposée comme une voix influente de la mouvance panafricaniste, très active sur les réseaux sociaux, où elle dénonce l’influence française et les ingérences occidentales en Afrique.
Pour ses partisans, elle incarne un combat pour l’émancipation des peuples africains. Pour ses détracteurs, elle serait un relai de la stratégie d’influence russe sur le continent, notamment dans le domaine informationnel.
Un signal politique fort de l’UE?
Avec cette décision, l’Union européenne poursuit le resserrement de son dispositif de sanctions contre les individus et entités jugés liés aux efforts russes de déstabilisation. En inscrivant une personnalité africaine aussi médiatisée que controversée, Bruxelles envoie un message clair sur sa volonté de lutter contre la désinformation et les réseaux d’influence pro-Kremlin, y compris au-delà de ses frontières.
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