Une scène à la fois surréaliste et lourde de symboles s’est déroulée ce mercredi matin à Treichville, dans la capitale économique ivoirienne. Le président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), El Hadj Cellou Dalein Diallo, a été empêché de s’enrôler lors de la révision exceptionnelle des listes électorales. Une démarche pourtant anodine, transformée en bras de fer politique.
Très tôt dans la matinée, accompagné du Dr Ibrahima Diallo, secrétaire fédéral de l’UFDG en Côte d’Ivoire, le leader politique s’est rendu au centre d’enrôlement de Treichville, muni de toutes les pièces requises : carte consulaire, acte de naissance biométrique, carte d’identité nationale, passeport valide, et même un passeport diplomatique expiré.
Mais contre toute attente, son enrôlement a été catégoriquement refusé. Selon les premières explications, il ne résiderait pas dans la commune de Treichville. Puis, un motif bien plus troublant est avancé par une représentante de l’Ambassade : « les autorités guinéennes ont instruit de ne pas enrôler en Côte d’Ivoire les anciens PM Sidya Touré, Lansana Kouyaté et Cellou Dalein Diallo. »
Face à cette situation, un responsable de la Commission Administrative de Révision des Listes Électorales (CARLE) sur place a pourtant jugé que l’enrôlement devait avoir lieu, en l’absence d’instruction écrite contraire. Mais la représentante diplomatique, après avoir échangé au téléphone avec sa hiérarchie, a ordonné la fermeture du centre et le rangement de tous les équipements. Des centaines de citoyens guinéens présents n’ont pu cacher leur consternation.
Un huissier de justice, requis sur place, a dressé un procès-verbal et recueilli plusieurs témoignages.
Dans un second temps, l’ancien Premier ministre s’est rendu à l’Ambassade de Guinée à Abidjan pour tenter de faire valoir ses droits. Mais là encore, il s’est heurté à une réponse énigmatique : « pour les Guinéens résidant provisoirement en Côte d’Ivoire, notamment les anciens PM, des dispositions particulières seront prises pour leur enrôlement. Telle est, disaient-ils, la décision des Autorités qu’il demande au Président de l’UFDG de bien vouloir respecter. »
La Cellule de Communication de l’UFDG n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué officiel, elle dénonce une manœuvre politique injustifiable et une atteinte grave aux droits citoyens :
« La Cellule de Communication de l’UFDG déplore profondément cette décision des autorités guinéennes d’empêcher un citoyen guinéen jouissant de tous ses droits de s`enrôler sur la liste électorale, en violation flagrante de la loi, notamment du Code électoral et des engagements internationaux de la République de Guinée. »
Ce refus d’enrôlement de Cellou Dalein Diallo suscite une vive indignation au sein de son parti et au-delà. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une volonté manifeste d’exclure certains leaders de l’opposition du processus électoral.
« Les militants de l’UFDG et le peuple de Guinée n’accepteront pas une décision aussi injuste et arbitraire, » conclut le communiqué.
Dans un climat politique déjà tendu, cet épisode pourrait bien raviver les craintes de partialité et de manipulation du processus électoral en cours. La communauté internationale, elle aussi, est désormais interpellée.







