À l’occasion de son 67e sommet ordinaire tenu ce dimanche à Abuja, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a porté une attention particulière à la situation politique en Guinée. Deux ans après la signature de l’accord fixant un retour à l’ordre constitutionnel en décembre 2024, et alors que cette échéance n’a pas été respectée, les dirigeants ouest-africains ont adopté un ton plus conciliant à l’égard des autorités de transition à Conakry.
Dans un contexte régional tendu marqué par le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de l’organisation —, la CEDEAO semble désormais privilégier une approche plus pragmatique face aux transitions politiques prolongées dans ses États membres.
La Guinée, de son côté, a soumis un nouveau chronogramme repoussant la date de retour à l’ordre constitutionnel à fin 2025. Une proposition que les chefs d’État de la région ont décidé d’accueillir avec prudence. « La Conférence prend note du nouveau chronogramme de transition établi par les autorités guinéennes en vue d’un retour à l’ordre constitutionnel d’ici la fin 2025 », indique le communiqué final sanctionnant les travaux du sommet.
Toutefois, les dirigeants de l’espace communautaire appellent à des efforts concrets de la part de la junte au pouvoir. Ils exhortent les autorités guinéennes à « accélérer la mise en place du Comité conjoint de suivi et d’évaluation avec la CEDEAO afin de faciliter la mise en œuvre de la feuille de route de la transition, ainsi que la préparation et la présentation des besoins financiers et techniques pour faciliter la mobilisation des ressources ».
Pour assurer un meilleur accompagnement du processus, la Conférence a en outre mandaté le Président de la Commission de la CEDEAO pour l’envoi d’une mission politique de haut niveau à Conakry. Cette délégation aura pour mission de discuter avec l’ensemble des parties prenantes guinéennes sur les aspects politiques et organisationnels de la transition, notamment les dates officielles des prochaines élections présidentielles et législatives, ainsi que les conditions d’un processus inclusif.
Cette nouvelle approche traduit à la fois les limites de l’influence de la CEDEAO dans un contexte de réajustement géopolitique en Afrique de l’Ouest, et sa volonté de maintenir un dialogue ouvert avec les régimes de transition pour préserver la stabilité sous-régionale.
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