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Kankan : la jeunesse des 8 préfectures du RPG Arc-en-Ciel réclame un congrès urgent pour sauver le parti

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Dans une déclaration conjointe et sans équivoque, des jeunes se réclamant des huit préfectures de la région administrative de Kankan ont exigé ce week-end, depuis le quartier Sogbè, la convocation immédiate d’un congrès du RPG Arc-En-Ciel. Ces jeunes, qui se présentent comme les représentants des sections locales du parti, dénoncent ce qu’ils qualifient de « violations graves des statuts » et appellent à une remise en ordre urgente de la formation politique.

« En tant que jeunesse engagée pour l’avenir du RPG Arc-En-Ciel, nous vous exhortons à convoquer sans délai un Congrès, conformément aux dispositions statutaires, afin de préserver l’unité, la cohésion et la pérennité de notre parti », a lancé l’un des porte-paroles, visiblement remonté.

Des griefs statutaires bien documentés

Les jeunes militants rappellent que les statuts du RPG Arc-En-Ciel, adoptés en 2017, sont clairs sur la périodicité et le fonctionnement des instances du parti. Or, selon eux, plusieurs dysfonctionnements entachent la vie du parti, au point de le mettre en porte-à-faux avec la législation en vigueur.

Parmi les manquements soulignés dans leur déclaration :

L’absence de congrès depuis plus d’une décennie, alors que l’article 34 des statuts prévoit une périodicité de six ans. Une situation jugée intenable et susceptible de mener à une dissolution du parti par les autorités, selon les jeunes.

L’inexistence de vice-présidents élus, malgré les exigences claires de l’article 19 qui impose leur désignation par le Congrès. Une lacune qui fragilise la chaîne de succession et la gouvernance du parti.

L’absence de Fédérations au niveau des préfectures, pourtant prévues à l’article 15 comme structures essentielles de coordination locale.

La non-mise en place des onze Commissions Nationales Permanentes (article 21), censées réfléchir sur les grandes orientations du parti.

Le remplacement irrégulier de l’Administrateur Général par un Secrétaire Général, une entorse à l’article 20 qui pourrait compromettre la légalité des actes administratifs du parti.

Un appel au sursaut avant l’implosion

La jeunesse des huit préfectures de la Haute-Guinée : Kankan, Siguiri, Mandiana, Faranah, Kérouané, Dabola, Dinguiraye et Kouroussa – appelle donc le président du RPG Arc-En-Ciel à convoquer sans délai un Congrès ordinaire, ou à défaut extraordinaire, pour remettre le parti sur les rails.

« Ce Congrès permettra de renouveler les organes dirigeants, d’élire les vice-présidents, de mettre en place les Fédérations et Commissions nationales, et de désigner un Administrateur Général conformément aux statuts », insistent les jeunes signataires.

Ils rappellent en outre que l’article 49 prévoit la dissolution du parti en cas de non-respect de ses obligations statutaires et légales, un scénario qu’ils affirment vouloir éviter à tout prix.

Pourquoi cette déclaration n’a-t-elle pas eu lieu au siège du parti ?

La question mérite d’être posée. Pourquoi les jeunes militants du RPG Arc-En-Ciel ont-ils choisi de faire entendre leur voix depuis Sogbè, à Kankan, plutôt qu’au siège du parti à Conakry ? Une décision qui pourrait traduire une rupture de confiance avec la direction nationale ou un sentiment d’exclusion croissant au sein de la base régionale.

En toile de fond, cette sortie médiatique illustre un malaise profond qui mine aujourd’hui l’un des partis politiques les plus influents de la dernière décennie.

Un avertissement ou une fronde ?

Ce cri de cœur des jeunes militants de Haute-Guinée sonne comme un avertissement. Mais certains observateurs y voient déjà les prémices d’une fronde, voire d’une scission, si la direction nationale ne réagit pas rapidement. Alors que le RPG Arc-En-Ciel peine à se réorganiser depuis la chute du régime Alpha Condé, cette pression de la base pourrait bien précipiter des changements internes.

À quand la fin de ce feuilleton politique ?

 

Affaire à suivre…

Karifa Kansan Doumbouya, correspondant à Kankan pour laguinee.info

 

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