Face à l’escalade meurtrière du conflit opposant agriculteurs et éleveurs dans la région forestière, notamment dans les sous-préfectures de Lainé et Guéasso (préfecture de Lola), le président du Bloc Libéral, Dr Faya Lansana Millimouno, est sorti de son silence pour dénoncer le laxisme des autorités et pointer du doigt l’irresponsabilité de l’État guinéen dans la gestion de cette crise.
Dans une déclaration politique forte et détaillée, Dr Faya a tenu à replacer les faits dans leur contexte : « La Guinée est un pays d’élevage, mais nous élevons traditionnellement la race dama, un ruminant inoffensif pour l’environnement. Ce qui ravage nos champs aujourd’hui, ce sont les zébus, une race étrangère venue du Mali, du Niger ou du Burkina, que l’on a laissée entrer au nom de la transhumance régionale. Ces animaux dévastent tout sur leur passage : plantations de café, bananiers, palmiers à huile… tout y passe. »
Pour le président du Bloc Libéral, le véritable scandale réside dans l’inégalité de traitement entre régions : « Lorsque le gouverneur de Kankan a demandé le retrait des zébus de la Haute-Guinée, les autorités ont agi. Aujourd’hui, la situation est maîtrisée là-bas. Mais en région forestière, c’est comme si le droit ne s’appliquait pas. L’État central y opère comme dans une colonie intérieure, avec mépris et brutalité. »
Le leader du Bloc Libéral est allé plus loin, rappelant les nombreux cas de violences d’État dans cette région : Zogota, Kéréma, N’Zérékoré, et récemment encore Lainé et Foumbadou. « À chaque fois, ce ne sont pas des médiateurs qu’on envoie, mais l’armée. Des morts, des arrestations arbitraires, des déportations… et l’impunité. »
Il a également fustigé la manipulation du communiqué gouvernemental du 2 mai 2025, qui exigeait le retrait des zébus transhumants du territoire national : « Certains veulent faire croire qu’on cible des Maliens ou des Guinéens. Non ! Ce n’est pas une question de nationalité. Ce sont les zébus qui doivent quitter le territoire, peu importe à qui ils appartiennent. Le message est clair, c’est leur présence massive qui crée les conflits. »
Pour le leader du Bloc Libéral, la responsabilité de la situation est triple : un État qui a failli, une justice aux ordres, et des autorités locales complices ou corrompues. Il dénonce un système où l’agriculteur pauvre, armé de sa daba et de son coupe-coupe, est abandonné, pendant que l’éleveur riche achète l’impunité. « Pour faire constater les dégâts, il faut parfois 9 à 10 millions de francs pour un huissier. Quel paysan peut se le permettre ? C’est pourquoi les dossiers s’entassent dans les tribunaux sans jamais être traités. »
Dr Faya a aussi rappelé les violences subies par des militants de son parti à Guéasso, dont plusieurs ont été blessés. « La justice est assise sur ce dossier depuis des mois. Trop, c’est trop. »
Il appelle à des mesures immédiates et sans équivoque :
– Le retrait de tous les zébus du territoire national, conformément au communiqué du 2 mai 2025 ;
– La fin de l’impunité, avec des enquêtes et des sanctions contre les auteurs des violences, y compris les éleveurs responsables ;
– Le respect du droit et de la dignité des agriculteurs ;
– Et une application égale de la loi sur toute l’étendue du territoire, y compris en région forestière.
Ausso, Dr Millimouno a mis en garde le gouvernement contre les conséquences de son inaction : « Lorsque la justice se tait, lorsque l’État choisit ses morts et ses victimes, il prépare l’exode, la révolte ou pire encore. La jeunesse de la région fuit vers les mines, vers la Méditerranée, car elle ne voit plus d’avenir dans ses propres champs. »
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« Il faut que cela cesse. Il faut que l’État assume. Trop, c’est trop ! » conclut-il.
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