Depuis plus d’un mois, les consommateurs guinéens font face à une flambée inhabituelle du prix de l’oignon sur les marchés. À Conakry comme dans plusieurs villes du pays, la hausse est si marquée qu’elle suscite interrogations et inquiétudes. Au marché de KM 36, les boutiquiers évoquent des causes multiples, allant de la rareté du produit à des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement.

Un sac à 320 000 francs guinéens
Jusqu’à récemment, le sac d’oignon s’achetait aux alentours de 270 000 francs guinéens. Désormais, il faut débourser entre 320 000 et 330 000 francs, selon les vendeurs. Le demi-sac, lui, s’échange à 160 000 francs. Les prix au détail varient également, comme l’explique Mouctar Barry, commerçant au marché KM 36 :
« Il y en a 1 pour 500 Fg, 3 pour 2 000, 4 pour 5 000 et parfois 5 pour 10 000 francs guinéens. »

Des commerçants à bout de souffle
Pour les petits vendeurs, la situation frôle le désastre.
« Franchement, à l’heure là, c’est la crise. Je ne sais pas si c’est le bateau qui a retardé, mais nous, on est assis comme ça. On n’a pas d’oignons dans nos magasins », se lamente M. Barry.
Même les grossistes du marché central de Madinah peinent à s’approvisionner.
« On a été à Madinah, mais on n’a rien gagné là-bas », poursuit-il, impuissant.
Le retard des cargaisons en cause
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, dont celui de Mamadou Barry, un autre commerçant, le retard du bateau transportant les cargaisons d’oignons serait à l’origine de la crise.
« À Madinah, on nous a dit que le bateau est en retard. C’est ce qui peut expliquer la rareté. »

Un autre commerçant, qui a préféré garder l’anonymat, explique que les prix ont commencé à grimper à l’approche de la fête :
« Avant la fête, le sac était à 270 000. Juste après, c’est passé à 300 000. La semaine dernière, j’ai acheté à 300 000, maintenant c’est 320 000. »
L’option sénégalaise, entre espoir et risque
Dans cette situation de pénurie, certains commerçants évoquent l’approvisionnement depuis le Sénégal comme une alternative. Toutefois, cette option comporte aussi des risques.
« Il y a des pertes énormes. Tu peux commander une grande quantité et à l’arrivée, trouver beaucoup d’oignons pourris », prévient un commerçant prudent.
Un appel à produire localement
Face à cette dépendance aux importations, certains acteurs du marché interpellent l’État. Mamadou Barry appelle à un sursaut national :
« On doit cultiver l’oignon ici, en Guinée. Le pays est fertile. Si on avait des machines et du soutien aux agriculteurs, on produirait assez pour couvrir nos besoins. »
Vers une solution durable ?
La crise actuelle met en lumière la vulnérabilité de la Guinée face à sa dépendance alimentaire. Elle rappelle l’urgence d’investir dans l’agriculture locale pour stabiliser les prix, garantir l’autosuffisance et limiter les chocs extérieurs. En attendant, vendeurs et consommateurs subissent, impuissants, une hausse qui pèse lourdement sur les ménages.
IAC, pour laguinee.info







