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Réforme électorale : Joachim Baba Millimouno démonte la « critique émotionnelle » d’Alpha Issagha Diallo

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Après avoir salué la création de la Direction Générale des Élections (DGE) en Guinée comme une rupture avec les dysfonctionnements structurels de la CENI, Joachim Baba Millimouno, politologue et membre du Bureau Exécutif de l’UFDG, essuie une réponse virulente d’Alpha Issagha Diallo. Ce dernier a dénoncé ce qu’il qualifie de « mise en bière de la démocratie », dans une tribune largement diffusée.

Face à ce qu’il considère comme une attaque personnelle dénuée de fondement, Joachim Baba Millimouno rétorque dans une tribune cinglante, intitulée « Réponse à une critique émotionnelle : pour une réforme électorale fondée sur la rigueur, non sur les fantasmes », dont voici l’intégralité :

« Cher Alpha Issagha DIALLO, ta tribune intitulée ‘‘Une réforme électorale ou un enterrement de première classe ?’’ prétend répondre à mon analyse sur la création de la DGE. Mais à la lecture attentive de ton texte, on est frappé non par la force de l’argumentation, mais par l’indigence analytique, l’invective ad hominem et l’absence totale de rigueur politologique, sociologique ou géopolitique. Il ne s’agit pas d’une critique, mais d’un pamphlet épidermique, où l’émotion supplante la raison. On peut banalement y relever 5 incohérences notoires. »

1. Attaque personnelle vs débat d’idées

Joachim Baba Millimouno déplore que le débat ait été tiré vers le terrain personnel :

« Tu te livres à une attaque personnelle en lieu et place d’un débat d’idées. Qualifier ton contradicteur de ‘‘contorsionniste politique en quête de poste’’ n’est pas un argument. C’est une diversion. Mon engagement est public, constant, et fondé sur des principes. La tentative de disqualification personnelle trahit une incapacité à répondre sur le fond. Elle est d’autant plus révélatrice que tu ne réfutes aucun des constats que j’ai posés sur l’échec structurel de la CENI. »

2. Méconnaissance des systèmes électoraux comparés

L’auteur défend sa position par des faits comparatifs, et accuse son contradicteur de désinformation :

« La pauvreté de tes arguments laisse entrevoir une méconnaissance flagrante des systèmes électoraux comparés. Tu affirmes que ‘‘partout où ça marche, les partis siègent’’. C’est factuellement faux, mon cher. Au Sénégal, par exemple, les partis politiques ne siègent pas directement dans l’organe de gestion électorale. C’est la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) qui supervise, et son fonctionnement est encadré par une loi électorale claire, sans ingérence partisane directe. J’ai d’ailleurs proposé dans ma tribune la mise en place de mécanismes de contrôle neutres, ce que tu omets volontairement de mentionner, preuve d’une lecture biaisée ou incomplète.

En attendant l’adoption d’une loi électorale (code électoral + textes d’application) qui encadrera son fonctionnement, tâchons de formuler des recommandations au lieu de s’enfermer dans la critique non constructive. »

3. Défense d’un modèle discrédité

Il accuse Diallo de défendre un système électoral qui a fait la preuve de son inefficacité :  « Tu défends aveuglément, sans argumentaire consistant, un modèle discrédité. Tu sembles nostalgique d’une CENI dont l’échec est pourtant documenté : irrégularités massives, listes électorales contestées, taux de participation fantaisistes, fraudes avérées. La présence de représentants des partis politiques n’a jamais empêché ces dérives. Pire, elle les a parfois légitimées. La réforme que je propose vise à rompre avec cette logique de méfiance généralisée en instaurant une gouvernance fondée sur la compétence, la transparence et la neutralité. »

4. Confusion entre pluralisme et cogestion

Millimouno précise que le pluralisme électoral ne rime pas forcément avec la gestion directe par les partis :

« Tu entretiens volontairement, ou sans le savoir peut-être, une confusion entre pluralisme et cogestion partisane. Le pluralisme ne signifie pas que les partis politiques doivent gérer les élections. Il signifie que toutes les sensibilités doivent pouvoir exercer un droit de regard, ce que j’ai explicitement défendu à travers la proposition de mise en place de mécanismes de contrôle indépendants. Tu confonds malheureusement participation au processus et gestion directe, ce qui est une erreur conceptuelle majeure. »

5. Rhétorique de la peur, sans alternative

Il reproche à Alpha Issagha Diallo de sombrer dans le catastrophisme, sans proposer de solution :

« Tu sers une rhétorique de la peur, sans alternative crédible. Comparer la Guinée à la Russie de Poutine ou au Tchad d’Idriss Déby relève d’un amalgame grossier. C’est une stratégie de disqualification par analogie, sans démonstration. Tu ne proposes aucune alternative sérieuse à la CENI, tu te contentes de défendre un statu quo inefficace. Or, comme l’ont souligné plusieurs observateurs, y compris le PJDG, la DGE peut être une avancée si elle est accompagnée de garanties d’indépendance et de transparence. »

Une conclusion sans appel, mais ouverte au débat

Pour Joachim Baba Millimouno, la critique d’Alpha Issagha Diallo ne repose sur aucune base solide :

« En définitive, ta critique, cher Alpha Issagha, n’est pas une analyse. C’est une réaction émotionnelle, nourrie de procès d’intention, d’erreurs factuelles et de raccourcis historiques. Elle ne répond ni aux enjeux de gouvernance électorale, ni aux exigences de rigueur intellectuelle. La Guinée mérite mieux qu’un débat caricatural. Elle mérite une réforme lucide, fondée sur les leçons du passé et les exigences de l’avenir. Je reste ouvert à un débat d’idées, mais je refuse de me prêter à une joute de slogans. La démocratie ne se construit pas dans le vacarme des invectives, mais dans la clarté des propositions. »

Laguinee.info

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