Le gouvernement guinéen a annoncé ce jeudi, lors d’une conférence de presse au siège du porte-parolat à Kaloum, le retrait des permis miniers à près de 150 entreprises opérant sur le territoire national. Présentée comme une mesure de régulation et de transparence, cette décision pourrait avoir d’importantes répercussions sur l’emploi dans le secteur extractif.
Deux membres éminents de l’exécutif ont pris la parole pour expliciter les motivations de cette initiative : Ousmane Gaoual Diallo, ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, ainsi que le Général Amara Camara, ministre Secrétaire général de la Présidence. Selon eux, cette opération s’inscrit dans une volonté d’assainir le secteur minier, de mettre fin aux pratiques irrégulières et de recentrer l’exploitation des ressources sur les intérêts du pays.
Si la démarche se veut rigoureuse sur le plan administratif et juridique, ses conséquences sociales soulèvent déjà de vives préoccupations. En effet, le retrait de ces permis pourrait entraîner la suspension ou la perte d’activité de centaines, voire de milliers de travailleurs directement ou indirectement liés aux sociétés concernées. Le gouvernement a reconnu l’ampleur du défi et indiqué avoir mis en place des groupes de travail pour identifier des pistes de reconversion professionnelle et de réaffectation. Toutefois, aucune mesure concrète n’a, pour l’instant, été rendue publique.
Interrogé sur les recours disponibles pour les entreprises, le porte-parole du gouvernement a rappelé que celles-ci peuvent engager des actions en justice. « La plainte est un droit », a déclaré Ousmane Gaoual Diallo, en insistant sur l’engagement du gouvernement à respecter l’état de droit et les principes démocratiques.
Par ailleurs, en réponse aux soupçons de complicités internes et de dysfonctionnements dans l’attribution ou le suivi des permis, le Général Amara Camara a annoncé l’ouverture d’enquêtes internes. Des sanctions seront prises contre les agents de l’administration publique qui seront reconnus coupables de fautes ou de négligences, a-t-il assuré.
À ce stade, le gouvernement pose les bases d’une réforme structurelle du secteur minier. Mais au-delà des intentions affichées, les attentes sont nombreuses quant à la mise en œuvre effective des mesures sociales d’accompagnement. L’enjeu est de taille : il s’agit non seulement de redéfinir les règles du jeu dans un secteur stratégique, mais aussi de préserver la cohésion sociale et les moyens de subsistance de nombreux citoyens. Le succès de cette réforme dépendra de l’équilibre entre fermeté administrative et responsabilité sociale.
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