jeudi, avril 3, 2025
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« Cette évaluation s’appuie sur une loi de 1991 », Ousmane Gaoual Diallo défend la réforme des partis politiques

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Des partis politiques menacés de radiation, des états-majors en ébullition et un gouvernement qui assume. L’évaluation des formations politiques divise profondément l’opinion. Pour les uns, il s’agit d’une nécessité visant à imposer des règles de transparence et de fonctionnement démocratique. Pour les autres, c’est une tentative à peine voilée de restreindre l’espace politique et de marginaliser certains acteurs. Face à la controverse, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, monte au créneau et défend une procédure conforme à la loi.

Une évaluation ancrée dans une législation ancienne

Alors que certains dénoncent une manœuvre du pouvoir pour affaiblir l’opposition, le gouvernement s’appuie sur un argument central : la légalité du processus. « Cette évaluation s’appuie sur une loi organique qui date de décembre 1991, donc bien antérieure au CNRD. Elle gouverne les partis politiques dans une charte que nous avons librement élaborée », a rappelé Ousmane Gaoual Diallo.

Selon lui, l’État ne fait qu’appliquer un cadre juridique existant depuis plus de trois décennies et connu de tous les partis agréés. Une justification qui peine pourtant à convaincre certains acteurs politiques, qui y voient une instrumentalisation des textes pour éliminer des adversaires gênants.

Trois exigences au cœur du processus

Le porte-parole du gouvernement met en avant trois axes majeurs justifiant cette évaluation : transparence financière, renouvellement démocratique et respect des statuts et règlements intérieurs.

Transparence financière : vers la fin des financements opaques ?

Premier pilier de l’évaluation, la question financière est au cœur des préoccupations des autorités. « Un parti politique qui évolue dans un pays doit pouvoir, en toute transparence, expliquer l’origine de ses fonds. Cet argent doit être licite et bien encadré », insiste Ousmane Gaoual Diallo.

Le gouvernement affirme vouloir appliquer aux formations politiques les mêmes règles de transparence que celles imposées aux entreprises et aux citoyens. « Aujourd’hui, lorsque vous déposez de l’argent sur un compte, la banque exige de connaître l’origine de vos ressources. Pour un parti politique, cette exigence est encore plus cruciale », souligne le ministre des Transports.

Derrière cet argument, certains voient une volonté de traquer les financements des partis d’opposition, tandis que d’autres estiment que cette mesure pourrait assainir un système où le flou règne encore trop souvent sur les fonds de certaines formations.

Renouvellement démocratique : obligation ou ingérence ?

Le deuxième axe de l’évaluation porte sur la gouvernance interne des partis. Selon la charte des partis politiques, chaque formation doit organiser des congrès périodiques et renouveler ses instances selon les statuts qu’elle s’est elle-même fixés.

« On ne demande pas à un parti de se conformer aux règles du voisin, mais de respecter ses propres engagements. Lorsqu’un parti s’engage à organiser un congrès tous les trois ou cinq ans, il doit s’y conformer. L’État veille simplement au respect de cette exigence », martèle Ousmane Gaoual Diallo.

Si ce principe semble logique sur le papier, des voix s’élèvent pour dénoncer une ingérence de l’État dans la gestion interne des partis. Certains estiment que cette exigence sert avant tout à sanctionner les formations les plus critiques envers le pouvoir.

Respect des statuts et délais uniformes : un traitement équitable ?

Le dernier pilier mis en avant par le gouvernement concerne l’application stricte des statuts et règlements intérieurs des partis. Ousmane Gaoual Diallo insiste sur le fait que cette évaluation ne vise aucun parti en particulier.

« L’objectif, ce n’est pas de fermer un parti, ni de favoriser les grandes formations au détriment des petites. Tous les partis ont reçu le même délai pour se conformer aux exigences : 90 jours ou 45 jours selon les cas. Il n’y a eu aucun traitement de faveur », assure-t-il.

Pourtant, certains dirigeants politiques contestent cette version et dénoncent des délais trop courts et une application sélective des règles. D’autres y voient un moyen détourné d’affaiblir des partis en difficulté et de renforcer le contrôle du pouvoir sur l’opposition.

Un débat loin d’être clos

Si le gouvernement se veut rassurant et affirme n’avoir d’autre objectif que d’assainir le paysage politique, les partis concernés dénoncent une manœuvre politique déguisée en réforme administrative. Loin d’apaiser les tensions, cette évaluation ravive le clivage entre pouvoir et opposition, et pose une question cruciale : où s’arrête l’application stricte de la loi et où commence la volonté de contrôler la scène politique ?

Laguinee.info

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