Qui a payé les effigies du Général Mamadi Doumbouya affichées sur l’Axe ? Depuis plusieurs jours, la question agite les débats et alimente les rumeurs. Face aux accusations de financement occulte, le Mouvement pour l’Alternance en Guinée (MAG) a décidé de réagir. Ce jeudi, lors d’une conférence de presse à la Maison de la Presse, son président, Baba Alimou Bah, a tenu à faire une mise au point : non, son mouvement n’a reçu aucun sou du gouvernement pour cette initiative.
Des rumeurs persistantes, une réponse ferme
Les spéculations allaient bon train : le MAG aurait été grassement financé pour tapisser l’Axe d’effigies du chef de la transition. Une manière, selon certains, d’influencer une jeunesse en colère, souvent en première ligne des manifestations. Faux, répond sans détour Baba Alimou Bah :
« Nous exigeons avec insistance que cessent ces accusations infondées. Le MAG n’a reçu aucun financement extérieur, ni de l’État, ni d’un quelconque autre acteur. Nous avons mené cette action sur fonds propres, et ce, dans un seul but : promouvoir la paix et la tolérance. »
Une affirmation martelée avec force, comme pour clore définitivement le débat. Pourtant, la polémique persiste. Certains quartiers, comme Baïlobaya, T8 ou encore Kagbélén, n’ont pas vu ces fameuses affiches. Preuve d’un manque de moyens ? « Nous faisons avec ce que nous avons », concède-t-il.
L’Axe, toujours sous le poids des clichés
Au-delà de cette controverse, le leader du MAG soulève une question plus profonde : pourquoi l’Axe est-il systématiquement perçu comme une zone de tension et de violence ?
« Nous voulons casser cette image. L’Axe n’est pas un champ de bataille, c’est une terre de jeunes pleins d’espoir, qui veulent construire leur avenir. Il est temps de sortir de cette stigmatisation et de donner à notre jeunesse les moyens de se projeter autrement. »
L’éducation, l’entrepreneuriat, la formation professionnelle… Voilà, selon lui, les vrais combats à mener. Un discours qui tranche avec les clichés habituels.
Quand la politique instrumentalise la jeunesse
Mais difficile de parler de pacification sans évoquer les récents incidents. L’effigie du Général Doumbouya a été déchirée par certains jeunes. Un acte spontané ? Pas vraiment, selon Baba Alimou Bah :
« Ces jeunes sont manipulés par des acteurs politiques qui veulent les utiliser comme une monnaie d’échange. On les pousse à s’en prendre aux symboles, à entretenir un climat de tension. Mais à qui profite cette agitation ? Certainement pas à eux. »
Face à ces tensions, le MAG a choisi une réponse radicalement différente : le dialogue. Plutôt que de riposter, le mouvement a rencontré ces jeunes pour comprendre leur geste et tenter de calmer le jeu.
« Nous avons discuté avec eux, nous leur avons expliqué notre démarche. La violence ne mène à rien. La seule voie possible, c’est celle du dialogue et de la construction. »
Un message clair, mais sera-t-il entendu ?
Un appel à l’unité pour l’avenir
Le MAG le sait : la route est longue avant que la jeunesse de l’Axe ne soit perçue autrement qu’à travers le prisme de la contestation. Mais pour Baba Alimou Bah, il n’y a pas d’autre alternative que l’apaisement.
« Il est temps que nous passions à autre chose. Il est temps de bâtir, ensemble, une Guinée où les jeunes ne sont pas seulement vus comme des fauteurs de troubles, mais comme des moteurs de changement. »
Un idéal qui, pour l’instant, se heurte à une réalité bien plus complexe.
IAC, pour Laguinee.info