Depuis trop d’années, la Guinée vit dans l’ombre de promesses brisées et d’espoirs écrasés. Les régimes se succèdent, les discours restent les mêmes, mais la réalité demeure cruellement inchangée. Les Guinéens en ont assez. Assez de ces dirigeants qui, sous des airs d’hommes providence, viennent clamer leur volonté de changement, pour mieux laisser le pays s’enfoncer dans les mêmes travers. Ce n’est pas un simple scepticisme, c’est un désaveu profond, une rupture totale avec les illusions du passé.
L’histoire nous montre que chaque nouveau leader arrive avec son lot de bonnes intentions, de projets ambitieux, mais en réalité, il ne fait que reprendre le flambeau de l’incompétence et de l’immobilisme. Ce qui change, c’est seulement le visage, mais la machine de la corruption, de l’impunité et du népotisme reste bien huilée. Résultat : les Guinéens sont aujourd’hui persuadés que les promesses électorales sont un mirage. Qu’ils soient jeunes ou vieux, citadins ou ruraux, tous connaissent la chanson. Ce n’est même plus une question de couleur politique, mais une question de survie dans un système qui semble avoir décidé de ne jamais se réformer.
Ce qui est encore plus grave, c’est que même ceux qui arrivent avec des discours nouveaux, porteurs d’une vague de fraîcheur, n’échappent pas à la règle. Pourquoi ? Parce qu’ils arrivent dans un contexte où la confiance a été irrémédiablement érodée. Quand un peuple a été trahi à ce point, qu’il a été manipulé et que la politique est perçue comme un terrain de jeu pour les élites, il devient presque impossible de convaincre. Même les plus sincères parmi nos dirigeants se heurtent à ce mur de désillusion. Les Guinéens ne croient plus au « nouveau départ ». Ils attendent des actes, pas des discours.
Et pourtant, les promesses continuent. À chaque campagne, les candidats jurent qu’ils sont différents. Mais leur différence se résume souvent à des belles paroles, des promesses de « réformes » qui ne voient jamais le jour. Ils nous parlent d’une Guinée de demain, de développement, de prospérité, mais les infrastructures restent délabrées, les écoles sont sous-équipées, les hôpitaux manquent de tout, et le pays s’enlise dans la pauvreté malgré une richesse minière inouïe. Où est passé l’argent ? Où sont les résultats ? La question qui brûle les lèvres des Guinéens est simple : pourquoi continuer à croire ?
Il n’est plus question de croire sur parole. Les Guinéens veulent voir des changements tangibles, immédiats. Ils veulent des dirigeants qui comprennent que la confiance, une fois perdue, est difficile à restaurer. Un discours électoral ne suffit plus. Ce sont des actions concrètes qui changeront la donne : la transparence, la responsabilité, et surtout la fin de l’impunité. Les Guinéens en ont assez de voir leurs leaders jouir des fruits de leur pouvoir pendant que le peuple se débat dans la misère.
Le temps des excuses est révolu. Ceux qui veulent être crédibles doivent cesser de chercher des boucs émissaires dans les régimes précédents ou dans les crises mondiales. Ils doivent se confronter à la réalité, en acceptant que le peuple, dans sa majorité, ne leur fait plus confiance. Et cette défiance n’est pas un simple malaise passager. C’est un signal d’alarme pour tous ceux qui se croient à l’abri dans leurs bureaux climatisés ou leurs palais dorés. Le peuple attend du concret, du palpable, du visible.
Si les dirigeants de la Guinée veulent rétablir cette confiance, ils n’ont qu’une seule option : agir. Il ne suffit plus de prêcher la bonne parole ou d’entretenir des faux-semblants. Les Guinéens ne croient plus aux discours, mais à la transformation réelle de leur quotidien. Si cette génération de dirigeants ne comprend pas cela, ils risquent d’être les témoins d’une rupture irréversible avec le peuple. La Guinée ne peut plus attendre. Elle a déjà trop attendu.
Laguinee.info