Siguiri a été secouée par une triste nouvelle ce mercredi 27 février 2025. Le corps sans vie d’un jeune homme a été découvert au quartier Bananinkoro Kôkoma, plongeant la communauté dans l’émoi. Identifié plus tard comme Laye Moussa Diabaté, un guitariste de 37 ans, marié et père d’un enfant, le défunt a été retrouvé dans des circonstances encore floues, provoquant une vive tension dans la localité.
Dès la découverte du corps, le chef du quartier a alerté les autorités. Le Dr Aboudoulaye Bâchir Condé, médecin d’appui au service d’urgence chirurgie de l’hôpital préfectoral de Siguiri, revient sur l’intervention :
« Le 26 février, nous avons été informés par le chef de quartier de la découverte du corps. La brigade de recherche et les autorités judiciaires ont été saisies. Mais sur place, aucune pièce d’identité ni témoin n’ont permis d’identifier le défunt. »
Face à cette impasse, une décision inhabituelle a été prise : exposer le corps aux habitants pour permettre une identification éventuelle. Pourtant, aucun proche ne s’est manifesté, laissant planer le mystère sur son identité.
Une mort suspecte, mais sans traces de violence
L’examen médical réalisé par Dr Condé n’a révélé aucun signe de violence. Tout porte à croire qu’il s’agirait d’un décès naturel.
« Nous avons observé le corps, il n’y avait aucune trace de violence physique. À première vue, il semblait être malade, mais rien ne laissait supposer une mort suspecte. »
Un enterrement autorisé… avant une reconnaissance tardive
Après plusieurs heures d’attente sans qu’aucun membre de la famille ne se manifeste, le procureur de la République a ordonné l’inhumation du corps. À 14 heures, il a donc été confié à la Croix-Rouge pour être enterré.
Mais contre toute attente, aux environs de 19 heures, un groupe de personnes s’est présenté à l’hôpital, affirmant être la famille du défunt.
« Ils sont venus tard dans la soirée, déclarant que le corps leur appartenait. Nous leur avons montré la photo, ils l’ont reconnu. Mais quand ils ont appris qu’il avait déjà été enterré, ils ont exprimé leur colère bruyamment, causant des troubles à l’hôpital. » a déploré Dr Condé.
Cet incident a déclenché une vive tension dans la ville, certains habitants reprochant aux autorités d’avoir procédé trop rapidement à l’inhumation sans une meilleure communication.
Une polémique qui soulève des questions
Ce drame pose une fois de plus la question de la gestion des corps non identifiés et du manque de sensibilisation sur la nécessité de signaler rapidement les disparitions. À Siguiri, cet épisode tragique laisse un goût amer et rappelle l’importance d’un meilleur suivi des procédures judiciaires et sanitaires en cas de découverte de cadavres.
L’enquête se poursuit pour comprendre les circonstances exactes du décès de Laye Moussa Diabaté et éclaircir les responsabilités dans cet imbroglio qui a secoué la communauté.