La Guinée est-elle sur le point de tourner la page de la transition avec l’adoption d’une nouvelle Constitution et l’organisation des élections ? C’est ce que laisse entendre la récente déclaration du ministre des Affaires étrangères, qui a affirmé que la nouvelle Constitution était « prête ». Une annonce qui a rapidement fait réagir des acteurs du droit et de la société civile.
L’un des commentaires les plus marquants est venu de Jean Paul Kotembedouno, homme de droit, qui a implicitement questionné la légitimité d’une telle déclaration venant d’un chef de la diplomatie. Sur son compte Facebook, il rappelle que la loi organique portant règlement intérieur du Conseil National de la Transition (CNT) confère au président de cette institution la compétence de parler en son nom. Par conséquent, selon lui, un ministre des Affaires étrangères, qui n’est pas membre du CNT, n’est pas censé être informé des détails du processus constitutionnel, sauf s’il prend l’initiative de s’en enquérir.
L’argument soulevé met en lumière une question fondamentale : la place et le rôle des diplomates dans la communication sur les affaires internes d’un État en transition. « En général, la prudence dans les déclarations et la subtilité dans les choix terminologiques sont des éléments de l’identité des diplomates de formation ou, même uniquement, de fonctions », rappelle Jean Paul Kotembedouno.
Cette sortie relance le débat sur la gestion de la communication officielle en période de transition. La diplomatie, bien que partie prenante des relations internationales, doit-elle se substituer aux institutions nationales pour annoncer des décisions politiques d’une telle envergure ? Une question qui, au-delà de la forme, soulève des interrogations sur la transparence et la coordination entre les organes de la transition.
Si la nouvelle Constitution est effectivement prête, qui devrait en faire l’annonce officielle ? Le CNT, institution chargée de sa rédaction, ou le gouvernement de transition, responsable de sa mise en œuvre ? Cette interrogation reste en suspens, tandis que l’opinion publique attend des précisions sur l’agenda électoral du pays.
Laguinee.info