Le RPG Arc-en-ciel est bien décidé à prendre part à la prochaine élection présidentielle. C’est en tout cas ce qu’a affirmé Marc Yombouno, membre influent du bureau politique national du parti, ce mercredi 26 février 2025. Mais une question cruciale demeure : qui portera les couleurs de l’ancien parti au pouvoir ? Alpha Condé, toujours président du RPG-AEC malgré son exil ? Kassory Fofana, son successeur intérimaire mais actuellement en prison ? Le mystère reste entier.
Un parti toujours sous l’ombre d’Alpha Condé
Officiellement, Alpha Condé est toujours le chef du RPG Arc-en-ciel. C’est ce qu’a tenu à rappeler Marc Yombouno lors de son passage dans l’émission Le Scanner de Cavi Médias. Mais peut-on être à la fois président d’un parti et exilé politique ? L’ex-ministre du Commerce balaie la question d’un revers de main :
« Cette question ne se pose pas au RPG Arc-en-ciel. Nous avons des statuts et un règlement intérieur clairs. Jusqu’à preuve du contraire, le professeur Alpha Condé reste le président du parti, même s’il a été victime de ce que vous savez et conduit à l’étranger », rapporte siaminfos.com.
Précaution oratoire ou réalité politique ? Difficile à dire. Ce qui est certain, c’est que le parti s’est donné une organisation de fortune. Une convention extraordinaire avait désigné Kassory Fofana comme intérimaire. Mais avec son incarcération, la gestion du RPG-AEC repose désormais sur d’autres cadres, dont la mission semble être de maintenir la flamme en attendant… quoi exactement ?
Un congrès pour trancher… en théorie
Sur le choix du candidat, Marc Yombouno rappelle que le parti dispose de règles précises : « En termes de candidats aux élections, nos textes sont clairs. C’est un congrès ou le choix de tous les membres statutaires qui définira qui doit être le candidat du parti. »
Reste à savoir quand et comment ce congrès pourra se tenir. Alpha Condé reviendra-t-il au bercail pour défendre son siège ? Kassory Fofana sortira-t-il de prison juste à temps pour revendiquer l’investiture ? Un troisième homme sortira-t-il du chapeau ? Pour l’instant, les réponses sont aussi insaisissables que la position du parti sur une éventuelle candidature du général Mamadi Doumbouya.
L’imaginaire en politique… une nouvelle doctrine ?
Interrogé sur une possible participation du chef de la junte à la présidentielle, Marc Yombouno a préféré esquiver, adoptant une posture philosophique : « Le RPG ne répond pas à des suspicions ou à l’imaginaire. »
Une déclaration qui en dit long sur le flou qui entoure la stratégie du parti. Car si la politique est effectivement une affaire de responsabilité, comme il l’affirme, elle est aussi une affaire de clarté. Et pour l’instant, le RPG-AEC semble davantage engagé dans un exercice d’équilibrisme que dans une véritable campagne électorale.
Reste à voir si l’imaginaire finira par se transformer en réalité… et surtout, sous quelle forme.
Laguinee.info