dimanche, février 23, 2025
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Hon. Kamissoko du RPG à Doumbouya :  » Il faut se méfier des soutiens opportunistes « 

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Depuis le renversement d’Alpha Condé en septembre 2021, la Guinée vit un tournant politique majeur. Le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), dirigé par le général Mamadi Doumbouya, a pris le pouvoir dans un contexte de mécontentement populaire, promettant de rétablir l’ordre constitutionnel. Cependant, plus de deux ans après ce coup d’État, le RPG Arc-en-ciel, principal parti d’opposition, dénonce un manque de résultats tangibles et de réformes sérieuses. À travers Mohamed Lamine Kamissoko, cadre influent du parti, ce message s’affirme avec force : la transition semble se concentrer sur la communication et les actions de propagande, au détriment d’un véritable retour à l’ordre constitutionnel et au développement du pays.

Des actions de propagande plutôt que de réformes réelles

« On voit des prises de photos de la rentrée de Conakry à la sortie, organisées par on ne sait quels opérateurs économiques ou mouvements de soutien. Dans quel but ? », interroge Kamissoko, visiblement agacé par ce qu’il perçoit comme des manœuvres superficielles destinées à entretenir une image de réussite plutôt qu’à répondre aux préoccupations profondes de la population. Selon lui, ces événements de mise en scène ne servent qu’à masquer l’absence de résultats concrets. Ils sont censés donner l’illusion d’une gouvernance dynamique, alors qu’en réalité, les attentes du peuple guinéen demeurent largement insatisfaites.

L’opposition dénonce une forme de diversion : plutôt que de se concentrer sur des réformes fondamentales, telles que la réorganisation des institutions, la lutte contre la corruption, ou encore la réconciliation nationale, les autorités de la transition semblent plus intéressées par la mise en avant de leur image, en organisant des spectacles politiques sans impact réel sur la vie des Guinéens.

Les dangers des soutiens opportunistes : un avertissement à Doumbouya

Au-delà des critiques sur la gestion de la transition, Mohamed Lamine Kamissoko lance un avertissement à l’adresse du général Mamadi Doumbouya : « Il faut se méfier des soutiens opportunistes ». En évoquant le cas du capitaine Moussa Dadis Camara, ancien président de la junte guinéenne, il met en lumière les dangers liés à la manipulation politique par des groupes de soutien intéressés. « À l’époque, des groupes avaient créé des comités de soutien à Dadis partout, de Conakry à l’intérieur du pays, pour réclamer son maintien au pouvoir. On sait tous où il en est aujourd’hui. J’espère que personne ne souhaite le même sort« , a-t-il averti.

Ce rappel du cas de Dadis Camara est significatif. En 2009, Dadis, au pouvoir à la tête de la junte militaire, a été porté par des soutiens populistes, mais sa chute a été rapide et violente, alimentée par des intérêts politiques divergents et des manipulations internes. Kamissoko suggère que le président Doumbouya pourrait, à son tour, être vulnérable aux mêmes pièges : un environnement politique où des soutiens qui n’ont aucun intérêt pour le bien-être de la nation cherchent uniquement à préserver leurs positions.

Ce parallèle entre les deux régimes souligne une inquiétude profonde : celle d’une transition qui pourrait, elle aussi, être emportée par des jeux de pouvoir et des intérêts personnels. Kamissoko incite ainsi Doumbouya à ne pas se laisser influencer par ces forces opportunistes, mais à rester concentré sur son rôle historique : assurer une transition vers un gouvernement démocratique et respecter la volonté du peuple guinéen.

Un appel à l’action pour un véritable développement

La conclusion de Kamissoko est claire : « Il est temps de passer de la communication à l’action ». Selon lui, la Guinée ne peut pas se permettre de perdre plus de temps dans des débats sans fin et des spectacles politiques. Ce qu’il attend de la transition, ce sont des actes concrets. Il évoque la nécessité de mettre en place un véritable programme de développement pour le pays, un plan qui s’attaque aux véritables défis socio-économiques de la Guinée : la pauvreté, l’accès à l’éducation et aux soins de santé, l’infrastructure et la justice sociale.

Le RPG Arc-en-ciel, tout en dénonçant les dérives du pouvoir actuel, réaffirme son engagement pour une Guinée stable, démocratique et prospère. Le parti appelle à un retour rapide à la normalité constitutionnelle et exhorte le général Doumbouya à ne pas perdre de vue les promesses faites aux Guinéens. Le peuple, souligne Kamissoko, attend un gouvernement qui se soucie de son avenir, pas un pouvoir qui se contente de photographies et de discours vides.

Une transition à la croisée des chemins

La Guinée se trouve donc à un moment crucial de son histoire politique. La transition, qui semblait prometteuse, risque de sombrer dans les mêmes travers que les régimes précédents, si les avertissements du RPG Arc-en-ciel sont ignorés. Les Guinéens, toujours marqués par des années de gouvernance autoritaire, n’ont pas le luxe de voir se répéter les erreurs du passé. En ce sens, la responsabilité de Mamadi Doumbouya est immense : il lui incombe de répondre aux attentes du peuple, en s’éloignant des manœuvres politiciennes et en engageant un véritable processus de réforme. La balle est dans son camp.

 

IAC, pour laguinee.info

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