Alors que la Guinée s’engage dans une année déterminante pour son avenir démocratique, la communication au sommet de l’État semble semer le doute. Des déclarations contradictoires sur la tenue des élections en 2025 ont suscité de nombreuses interrogations, obligeant certains acteurs politiques à interpeller le gouvernement sur la cohérence et la transparence de ses engagements.
Tout a commencé le 31 décembre 2024, lors de l’adresse à la nation du président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya. Ce dernier avait solennellement annoncé que toutes les élections nécessaires au retour à l’ordre constitutionnel se tiendraient en 2025. Cette déclaration, perçue comme un signe fort d’engagement envers les citoyens, avait été bien accueillie par une population aspirant à la stabilité et à la fin de la transition militaire.
Cependant, quelques semaines plus tard, un membre clé de l’exécutif est venu ébranler cette assurance. Le ministre porte-parole du gouvernement a en effet affirmé que toutes les élections ne pourraient pas être organisées cette année, à l’exception du référendum constitutionnel, qui reste lui-même entouré d’incertitudes quant à sa date exacte.
Pour tenter de clarifier la situation, le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est exprimé à son tour, le 6 février 2025, lors d’une rencontre à N’zérékoré avec les forces de défense et de sécurité. Il a réitéré l’engagement du président de la transition à respecter les promesses initiales et a insisté sur le fait que toutes les élections prévues seraient bel et bien organisées en 2025.
Une cacophonie pointée du doigt
Cette suite de déclarations contradictoires n’a pas manqué de susciter des réactions au sein de la classe politique. Édouard Zoutomou Kpoghomou, président de l’Union démocratique pour le renouveau et le progrès (UDRP), a exprimé son incompréhension et ses inquiétudes. Sur les ondes de Nostalgie Guinée, dans l’émission Africa 2015, il a dénoncé une incohérence qui, selon lui, traduit une désorganisation au sommet de l’État.
« Quand les membres d’un même gouvernement se contredisent publiquement, cela révèle un manque de coordination interne. Ce flou communicationnel ne rassure ni les citoyens, ni les partenaires de la Guinée », rapporte lerevelateur224.com
Il a également mis en lumière les conséquences potentielles de cette situation : « Une transition réussie repose sur la confiance. Or, cette cacophonie alimente le doute. Si les autorités ne sont pas alignées sur leurs propres engagements, comment peuvent-elles convaincre le peuple et la communauté internationale ? »
Un enjeu de crédibilité
Ces incohérences soulèvent des questions fondamentales sur la capacité du gouvernement à gérer un processus électoral complexe dans les délais impartis. Les observateurs craignent que ces divergences ne minent la crédibilité des autorités et ne compliquent davantage une transition déjà marquée par des tensions politiques et sociales.
Au-delà des déclarations, les faits attendus seront déterminants. Les prochaines semaines devront être marquées par une clarification des priorités et un alignement des discours. Pour beaucoup, cette unité de communication est essentielle non seulement pour apaiser les craintes, mais aussi pour renforcer la confiance dans un processus qui reste sous les regards attentifs de la population et de la communauté internationale.
Vers une sortie de crise ?
Alors que les échéances électorales approchent, le gouvernement est désormais confronté à un défi majeur : rétablir la cohérence et la transparence de sa communication. Une étape cruciale pour prouver que les engagements pris par le président de la transition ne sont pas de simples promesses, mais un cap ferme vers le retour à l’ordre constitutionnel.
La Guinée traverse une période charnière où chaque faux pas pourrait peser lourd dans l’histoire de la transition. Reste à voir si les autorités sauront tirer les leçons de ces incidents pour assurer une sortie de crise digne des attentes des citoyens.
Laguinee.info