Dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 novembre 2024, la zone minière de Bouré, en Guinée, a été le théâtre de deux éboulements meurtriers, à Boukaria et Bouré Kourouda. Trois jeunes orpailleurs ont perdu la vie, laissant leurs familles en deuil et soulignant les dangers persistants des exploitations illégales.
Première tragédie : l’éboulement à Boukaria
Le premier drame s’est déroulé dans la mine de Boukaria, où un jeune homme, Karifala Dansoko, 26 ans, a perdu la vie. Mory Dibi Keita, membre de la Croix-Rouge de Bouré Boukaria, raconte les événements : « Hier, nous avons reçu l’appel d’un citoyen de Boukaria pour cas d’éboulement, qui a coûté la vie au fils de notre ami Karifala Dansoko, âgé de 26 ans, marié, et sa femme en état de famille. Il a été inhumé à 17h. »
Cet éboulement tragique laisse derrière lui une famille endeuillée. Karifala Dansoko était un père de famille, tentant de subvenir aux besoins des siens dans des conditions dangereuses et interdites d’accès.
Deuxième éboulement à Bouré Kourouda
Quelques heures plus tard, un autre drame frappe Bouré Kourouda. « C’est de là-bas que nous avons été informés d’un autre cas d’éboulement la nuit. Le matin, la victime a été secourue après un travail laborieux, mais l’endroit était interdit et les gens se cachent pour aller», témoigne Mory Dibi Keita.
Cet incident a coûté la vie à Mourama Camara, récemment devenu père, ainsi qu’à un autre orpailleur dont l’identité reste inconnue. « Sa femme venait d’accoucher. Il était avec son ami dont l’identité n’est pas connue puisqu’il n’avait pas d’adresse sur lui et là où il était, on ne le connaissait pas, » poursuit Mory Dibi Keita.
Devant la situation complexe d’identifier le dernier orpailleur décédé, le procureur a ordonné l’inhumation sans identification précise. « Le procureur a ordonné l’inhumation des corps, » précise Mory Dibi Keita, témoignant de la gravité des conditions dans lesquelles ces mineurs clandestins travaillent.
Appel aux orpailleurs : éviter les zones interdites
Ce drame résonne comme un rappel sévère des risques encourus par ceux qui travaillent dans les zones interdites. Mory Dibi Keita exhorte les orpailleurs à la prudence : « Je demande aux orpailleurs d’éviter les zones interdites», lance-t-il, inquiet pour la sécurité des travailleurs attirés par l’or malgré le danger.
Ces tragédies mettent en lumière les dangers des exploitations minières illégales en Guinée. Ces trois jeunes hommes, en quête d’un meilleur avenir, ont vu leur vie fauchée brutalement. Le non-respect des interdictions de zones dangereuses continue de coûter des vies, une situation qui appelle à une réponse ferme des autorités pour prévenir de nouvelles pertes humaines.
De Kankan, Karifa Kansan Doumbouya pour Laguinee.info





