Depuis plus de 11 mois les boursiers guinéens au Maroc ne sont pas rentrés en possession de leurs bourses d’études. Ce retard non justifié par l’État guinéen met ces étudiants dans une situation précaire. Si rien est fait dans les jours à venir, ils comptent faire entendre leur voix à travers une grève, rapporte Laguinee.info.

Les bourssiers d’État guinéens orientés au Maroc traversent le pire moment de leur vie. Oubliés par l’État guinéens depuis plus de 11 mois sans aucune aide financière, ces étudiants peines à subvenir à leurs besoins primaires, tels que la nourriture, le logement et autres. Amadou Lamarana Mamoudou Diallo, le président de l’association des stagiaires, élèves et étudiants guinéens au Maroc a indiqué que : « Depuis 11 mois nous ne sommes pas encore rentrés en possession de notre bourse qui représente notre survie dans un pays où le coût de la vie est très élevé. Cette bourse qui nous permet de subvenir à nos besoins les plus élémentaires, notamment le logement, le transport pour aller à l’université, la nourriture, les soins de santé etc…sans parler des factures de courant, de l’eau et de d’internet qui est obligatoire dans ce pays. Seulement le logement en moyen nous coût 1000Dh(100$) par chambre, et pourtant le montant de la bourse s’élève à 80$/ mois pour l’enseignement technique et 100$/mois pour l’enseignement supérieur».
A en croire le président de l’association des stagiaires, élèves et étudiants guinéens au Maroc, chaque année, les étudiants guinéens sont contraints de sortir manifester pour faire entendre leur colère afin de rentrer en possession de leur pécule. Une situation qu’il dénonce avec rigueur soulignant ainsi qu’ils ne sont pas une priorité pour les dirigeants du pays.
« Le retard est une habitude chaque année nous sommes obligés de tenir l’image de notre pays à travers la grève pour des fins d’avoir notre bourse. Nous ignorons la cause réelle. Nous estimons que c’est parce que nous ne sommes pas une priorité pour les dirigeants de notre de pays , sinon c’est inadmissible et incompréhensible que l’Etat guinéen n’envoient pas nos bourses sauf quand on grève. La majeure partie des boursiers d’État viennent des familles très modeste cette bourse est la seule issue sur laquelle nous comptons on a pas d’autres soutiens financiers », explique-t-il
Plusieurs démarches sont menées mais..
Ces étudiants ont entamé de nombreuses démarches avec l’ambassade Guinéenne au Maroc pour rentrer en contact avec certains dirigeants du pays afin que les étudiants rentrent en possession de leurs bourses d’entretiens.
« Depuis le mois de février-mars, nous avons commencé les démarches administratives. Nous avons écrit des courriers au centre national des bourses extérieur. Nous sommes rentrés en contact téléphonique avec le SNABE. Nous les avons expliqués notre situation. Depuis le mois de mars jusqu’au juillet nous avons multipliés des contacts avec des hauts cadres du pays voire même avec certains ministres et même avec certains conseillers du CNT. Nous avons fait des écrits et l’ambassade les a transmis nos écrits et même à Djiba Diakité qui est à la présidence. Mais fort malheureusement, on nous dit toujours que le dossier se trouve dans le circuit. Tantôt, c’est le ministère du budget, tantôt celui des finances ou la présidence jusqu’à à la BCRG etc. Toutes ces structures étatiques s’accusent entre eux. »

Conditions de vie précaire des bourssiers guinéens au Maroc
De nos jours, ils sont nombreux des étudiants guinéens qui sont chassés dans leurs chambres. Pendant ces vacances, ils vivent dans des conditions très précaires, selon Amadou Lamarana Mamoudou Diallo.
« Le Maroc nous donne une bourse de 1200 drame chaque 2 mois. Il y a déjà un calendrier qui est fixé avec le Maroc. Chaque deux mois, quand on nous dit c’est le 15,ça ne rate pas. Chacun reçoit son montant. C’est qui nous permettait subvenir à nos besoins fondamentaux. Mais pendant les vacances, le Maroc ne donne pas cette bourse. Il y avait certains étudiants qui étaient dans les cités universitaires et ces cités ne permettent pas aux étudiants de rester pendant les vacances. Vous aller voir ici 10 étudiants dans un même appartement. Vous allez voir, 05 personnes dans une chambre et les bailleurs n’acceptent pas ça. Vous verrez des étudiants qui sont classés dans des chambres. Là où je vous parle, plusieurs sont virés de leur chambre».

La grève comme solution pour les étudiants
Ces étudiants comptent dans les jours à venir descendre dans les rues comme d’habitude afin d’attirer l’attention de l’État guinéen sur leur situation de vie au Maroc.
« Nous sommes obligés d’aller en grève physique dans la mesure où nous estimons que si nous ne partons pas en grève, il n’y a pas de bourses. », déclare le président avant d’interpeller le président de la transition le général mamadi Doumbouya: « Nous demandons au président de la République de s’impliquer personnellement pour débloquer cette situation et faire de telles sorte que les années à venir que nous évitons d’aller jusqu’à 11 ou 12 mois impayés ou d’attendre jusqu’à ce que les étudiants commencent à crier dans les médias, à passer par la grève physique pour ternir l’image de notre pays, pour des fins de bourses, ce n’est pas normal pour notre pays. Nous leur demandons de nous payer de façon trimestrielle avec des calendriers de paiement bien précis. »
Ibrahima Alassane Camara, pour Laguinee.info





