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Mamadou Saïdou Komah : « La réussite scolaire ne dépend pas seulement du type d’établissement »

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Même programme, mais pas forcément les mêmes chances d’apprentissage. En Guinée, la réussite scolaire ne se joue pas uniquement sur les bancs de l’école : elle dépend aussi de la formation des enseignants, de la qualité de l’encadrement et du suivi dont bénéficie l’élève. C’est le constat dressé par un enseignant ayant près de quinze années d’expérience dans l’enseignement général.

En théorie, les élèves des établissements publics et privés évoluent dans le même système éducatif et suivent globalement les mêmes programmes. Dans la pratique, les conditions dans lesquelles ces enseignements sont dispensés peuvent varier d’un établissement à l’autre.

Pour cet enseignant, qui affirme avoir exercé dans des contextes relevant à la fois du public et du privé, l’un des principaux enjeux se situe au niveau de la formation des enseignants.

« La différence entre les deux se trouve d’abord dans la formation des formateurs », explique-t-il.

Selon lui, les enseignants du secteur public bénéficient plus régulièrement de sessions de formation et de renforcement des capacités organisées notamment par les Directions communales de l’éducation (DCE) et les Directions préfectorales de l’éducation (DPE). Ces sessions permettent, selon son expérience, de renforcer les connaissances et les pratiques pédagogiques.

Il cite notamment une session de renforcement des capacités à laquelle il a participé et au cours de laquelle certains enseignants du privé auraient déploré leur accès limité à ces formations.

« L’année dernière, nous étions allés à une formation de renforcement des capacités. Parmi les participants, il y avait certains professeurs du privé qui se plaignaient de ne pas avoir eu les mêmes opportunités que ceux du public », témoigne-t-il.

Au cours de cette session, l’enseignant affirme également avoir observé chez certains participants des difficultés dans la maîtrise de certaines notions et pratiques pédagogiques.

« À notre grand étonnement, certains n’avaient pas certaines connaissances qui sont pourtant nécessaires pour assurer une bonne formation des élèves. Ils étaient parfois perdus dans la pratique et ne maîtrisaient pas certains éléments primordiaux pour offrir une bonne formation aux apprenants », poursuit-il.

La formation continue au cœur des préoccupations

Pour cet enseignant, ces écarts éventuels dans l’accès à la formation peuvent avoir des conséquences sur la qualité de l’encadrement pédagogique proposé aux élèves.

Mais il refuse de réduire la réussite scolaire au seul statut de l’établissement. Selon lui, le type d’école fréquenté ne suffit pas à expliquer, à lui seul, le parcours d’un élève.

Le suivi familial constitue également un facteur important. Un élève inscrit dans une école publique peut, selon lui, progresser efficacement lorsqu’il bénéficie d’un accompagnement régulier à la maison et d’un encadrement pédagogique adapté.

La réussite scolaire dépendrait ainsi de plusieurs éléments : la qualité de l’enseignement, la formation des enseignants, les conditions d’apprentissage, le suivi pédagogique et l’accompagnement familial.

Dépasser l’opposition public-privé

Dès lors, la question de la qualité de l’éducation ne se limite pas à l’opposition entre établissements publics et privés. Elle renvoie aussi aux conditions concrètes dans lesquelles les enseignants exercent et les élèves apprennent.

Pour cet enseignant, le renforcement continu des compétences pédagogiques doit concerner les professionnels de l’éducation, quel que soit leur secteur d’exercice.

Au-delà du statut de l’établissement, l’enjeu reste donc celui de l’accès à un enseignement de qualité et de conditions d’apprentissage favorables pour tous les élèves.

Mamadou Oury Bah, stagiaire pour Laguinee.info

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