Trois cubes dans la sauce, un autre dans la salade : pour M’Mah, le geste est devenu presque automatique. Chaque jour, le bouillon de cuisson accompagne ses repas, au point qu’elle estime difficile de s’en passer. « Sans ce bouillon-là, je ne sens pas le goût de ma sauce », témoigne-t-elle.
À Conakry comme dans plusieurs villes du pays, les bouillons de cuisson occupent une place importante dans les habitudes culinaires. Utilisés pour relever le goût des sauces et autres préparations, ils sont devenus courants dans de nombreux foyers.
M’Mah explique utiliser quotidiennement plusieurs cubes, auxquels elle ajoute également du sel.
« Je mets trois cubes de bouillon dans ma sauce chaque jour, avec du sel en plus. Sans ce bouillon-là, je ne sens pas le goût de ma sauce. Même quand je fais de la salade, je mets un cube ou un demi-cube pour que ce soit délicieux », raconte-t-elle.
Derrière cette habitude culinaire se pose toutefois la question de la quantité de sodium consommée. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, les bouillons-cubes font partie des produits qui peuvent contribuer à l’apport en sodium. L’OMS recommande aux adultes de consommer moins de 5 grammes de sel par jour, soit moins de 2 000 milligrammes de sodium.
La quantité de sodium varie toutefois selon les produits. Il n’est donc pas possible d’affirmer qu’un cube de bouillon équivaut à une quantité fixe de sel sans se référer à son étiquetage nutritionnel.
Pour le docteur Chérif, médecin à l’hôpital Ignace-Deen, une consommation excessive de bouillons, notamment lorsqu’elle s’ajoute à une alimentation déjà riche en sel, peut contribuer à augmenter l’apport en sodium.
« L’utilisation excessive du cube de bouillon à long terme peut causer l’hypertension chez les consommateurs, l’AVC, des maux de tête, des crises cardiaques, des gonflements de certaines parties du corps, voire même des problèmes rénaux », explique-t-il.
Sur le plan médical, le lien établi concerne surtout l’excès de sodium. Une alimentation trop riche en sodium peut augmenter la pression artérielle, ce qui accroît le risque de maladies cardiovasculaires et d’AVC. L’OMS établit également un lien entre une forte consommation de sodium et un risque accru de maladie rénale.
Pour limiter cet apport, l’OMS recommande notamment de réduire la quantité de sel et de condiments riches en sodium ajoutés pendant la préparation des repas, parmi lesquels figurent les bouillons.
Le docteur Chérif conseille également de pratiquer régulièrement une activité physique. Celle-ci peut contribuer au maintien d’une bonne santé cardiovasculaire, mais elle ne doit pas être présentée comme un moyen d’« éliminer » le sodium accumulé dans l’organisme.
Dans les foyers, le bouillon de cuisson reste ainsi associé au goût et aux habitudes culinaires. Mais lorsque son utilisation s’ajoute à une consommation importante de sel, la quantité totale de sodium dans l’alimentation mérite une attention particulière.
Maïmouna Keïta et Mohamed Nana Soumah, stagiaires pour Laguinee.info





