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Décès de Sidya Touré : le FNDC Canada estime que « la Guinée a perdu un homme qu’elle n’a pas su garder »

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Le décès de Sidya Touré à Paris ravive le débat sur le parcours politique de l’ancien Premier ministre et sur ses dernières années loin de la Guinée. Dans une déclaration, le FNDC Canada déplore la disparition d’un homme dont il estime que l’expérience aurait encore pu servir au pays et critique les décisions prises à son encontre sous le pouvoir de Mamadi Doumbouya.

« La Guinée a perdu un homme qu’elle n’a pas su garder. » C’est par cette formule que le FNDC Canada réagit au décès de Sidya Touré, survenu vendredi 25 septembre 2026 à Paris.

Dans sa déclaration, le mouvement revient sur le parcours de l’ancien Premier ministre, présenté comme un cadre ayant consacré une importante partie de sa vie au service de la Guinée. Le FNDC Canada regrette notamment que les hommages rendus après sa disparition interviennent alors que, selon lui, son expérience et ses compétences auraient davantage dû être reconnues de son vivant.

Nommé Premier ministre en juillet 1996 sous la présidence de Lansana Conté, Sidya Touré a dirigé le gouvernement jusqu’en mars 1999. Durant cette période, des réformes économiques et structurelles ont été engagées avec l’appui notamment du FMI et de la Banque mondiale. Les documents du FMI font état, entre 1996 et 1998, de réformes fiscales, bancaires et structurelles ainsi que de mesures concernant notamment les entreprises publiques et le secteur de l’électricité.

Le FNDC Canada rappelle également les différents dossiers auxquels Sidya Touré aurait contribué durant son passage à la Primature, notamment les relations avec les partenaires financiers et le développement du secteur énergétique. Le mouvement cite à ce propos le témoignage de Cellou Dalein Diallo, qui fut ministre dans son gouvernement.

Le FNDC Canada critique les dernières années de Sidya Touré

La déclaration prend ensuite une tournure plus politique. Le FNDC Canada estime que les dernières années de Sidya Touré constituent un paradoxe au regard de la reconnaissance aujourd’hui exprimée à son endroit.

Le mouvement affirme que l’ancien Premier ministre a été contraint de vivre loin de la Guinée après la prise du pouvoir par les militaires en 2021. Des sources de presse rapportent effectivement qu’il avait quitté la Guinée après cette prise de pouvoir et qu’il vivait en exil.

Le FNDC Canada met également en cause les autorités dirigées par Mamadi Doumbouya, auxquelles il attribue la responsabilité politique de décisions ayant, selon lui, contribué à éloigner Sidya Touré de son pays. Il cite notamment la question de sa résidence et la dissolution de son parti, l’Union des forces républicaines (UFR), aujourd’hui dissous.

Pour le mouvement, ces décisions ne devraient pas être occultées par les hommages rendus depuis l’annonce du décès.

« Ne pas attendre la mort pour reconnaître la valeur des cadres »

Au-delà du cas de Sidya Touré, le FNDC Canada élargit son propos à la place accordée aux cadres expérimentés dans la vie publique guinéenne.

Le mouvement s’interroge notamment sur le nombre de jeunes économistes, administrateurs et responsables qui auraient pu bénéficier de l’expérience de l’ancien Premier ministre. Il estime que la disparition de Sidya Touré doit pousser la Guinée à réfléchir à la manière dont elle traite ses anciens serviteurs et ses cadres en désaccord avec le pouvoir.

« La Guinée ne doit pas attendre que ses cadres meurent pour découvrir leur valeur », soutient le FNDC Canada, qui appelle à dissocier les divergences politiques de la reconnaissance des compétences et de l’expérience acquises au service de l’État.

La déclaration interpelle également les autorités sur le sort d’autres Guinéens vivant en exil ou, selon le mouvement, marginalisés en raison de leurs positions politiques.

Un hommage mêlé de critique politique

Tout en saluant la mémoire de Sidya Touré, le FNDC Canada estime ainsi que les hommages officiels et politiques ne doivent pas faire oublier les conditions dans lesquelles l’ancien Premier ministre a vécu ses dernières années.

Pour le mouvement, la disparition de Sidya Touré doit servir de leçon à la Guinée : celle d’un pays qui, selon lui, devrait davantage préserver ses compétences, respecter ceux qui ont servi l’État et accepter les divergences politiques.

Le FNDC Canada conclut son hommage en saluant la mémoire de l’ancien Premier ministre et en regrettant qu’il n’ait pas pu passer ses dernières années dans son pays.

« Reposez en paix, Président Sidya Touré. Vous avez servi la Guinée, mais vous n’avez pas eu la possibilité d’y vivre vos dernières années. Que la terre vous soit légère. »

Laguinee.info

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