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Dabompa-Kamanoya : des familles contraintes de consommer l’eau jaunâtre d’un puits à ciel ouvert

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À Kamanoya, quartier de Dabompa, l’eau potable reste inaccessible pour plusieurs familles. Sans approvisionnement de la SEG, les habitants se tournent vers un puits à ciel ouvert dont l’eau jaunâtre sert à la consommation et aux besoins quotidiens, malgré les risques sanitaires.

Il est 15 heures à Kamanoya. Sous un soleil de plomb, au milieu des concessions, un puits à ciel ouvert attire les habitants. Une corde usée, un bidon jaune de 20 litres utilisé comme seau et, au fond, une eau jaunâtre. Ici, pas de robinet de la SEG pour approvisionner les familles.

Pendant que certains habitants peuvent ouvrir un robinet pour avoir de l’eau, à Kamanoya, des familles entières dépendent de ce puits. Les forages sont éloignés et une pompe installée dans le secteur ne fournit pas d’eau.

Joséphine Mamy, adolescente et élève, participe quotidiennement à la corvée d’eau. Elle explique pourquoi le puits reste le principal point d’approvisionnement.

« Ici, on n’a pas d’autre endroit où puiser de l’eau, les forages sont loin. Il y a une pompe mais il n’y a pas d’eau qui en sort. Donc le puits est le seul endroit où on peut avoir de l’eau », confie-t-elle.

Consciente de la qualité incertaine de cette eau, la jeune fille dit néanmoins ne pas avoir d’autre choix. Le puits reste, pour elle et sa famille, la seule source accessible.

Des risques pour la santé

Cette situation préoccupe également les professionnels de santé. Pour le docteur Chérif Camara, la consommation d’une eau de puits non traitée peut exposer les populations à plusieurs maladies.

« L’eau de puits contient des microbes car elle n’est pas traitée comme l’eau du robinet. Cette eau peut causer la diarrhée, le choléra, des vomissements chez les consommateurs. Et à long terme, elle peut entraîner une insuffisance rénale et retarder la croissance chez l’enfant de moins de 5 ans », met-il en garde.

Pour réduire les risques liés à la consommation de cette eau, le médecin recommande notamment sa filtration et sa purification.

« Il y a deux méthodes. La première, c’est de filtrer cette eau avec un tissu propre. La deuxième, c’est d’utiliser une solution pour purifier l’eau, comme le Sur’Eau », conseille-t-il.»

À Kamanoya, la question ne porte plus seulement sur la qualité de l’eau disponible, mais aussi sur sa disponibilité. Pour les familles qui dépendent de ce puits, chaque bidon représente une nécessité quotidienne.

 

Maïmouna Keïta, stagiaire pour Laguinee.info

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