Une route en mauvais état suffit à compliquer chaque déplacement à Ansoumanya Village, dans la commune de Cimenterie. Temps d’attente pouvant atteindre une heure, véhicules immobilisés dans la boue, trajets à pied et hausse du coût des courses : habitants et conducteurs de taxi-moto décrivent les difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien.

Pour Ismaïl Bah, habitant du secteur, l’état de la route perturbe directement son organisation. Lorsqu’il doit rejoindre son lieu de travail, il affirme être parfois contraint de modifier son heure de départ.
« Des fois, on est obligé de partir en retard au boulot car la route est mauvaise », explique-t-il.
À pied, la boue constitue également une difficulté. Ismaïl Bah raconte qu’après avoir quitté son domicile bien habillé, il lui arrive d’arriver à destination avec les vêtements salis. Dans certains cas, il dit être obligé de retourner chez lui pour se changer.

Les véhicules sont eux aussi exposés aux difficultés. Ismaïl Bah affirme avoir déjà vu sa voiture immobilisée dans la boue, nécessitant l’intervention d’autres personnes pour la sortir. Depuis, il dit préférer garer son véhicule en hauteur avant de poursuivre son trajet à moto.
Jusqu’à une heure pour trouver une moto
La disponibilité des taxis-motos constitue une autre difficulté évoquée par les habitants. Doussou Traoré affirme que les conducteurs sont parfois difficiles à trouver sur cet axe.
« Des fois, tu peux venir faire une heure de temps à peu près, sans trouver une moto », témoigne-t-elle.
Selon elle, les périodes les plus compliquées sont notamment le matin et le soir, lorsque les habitants se rendent au travail ou en reviennent. Elle évoque également des passages difficiles à franchir, aussi bien à pied qu’à moto.

Pour Mohamed Sylla, conducteur de taxi-moto, l’état de la route ralentit fortement les déplacements. Il explique que les conducteurs doivent réduire leur vitesse sur certaines portions afin d’éviter de glisser.
La course entre le Carrefour et Ansoumanya Village augmente
Le conducteur évoque également une évolution du prix de la course entre le Carrefour et Ansoumaniya Village.
Selon Mohamed Sylla, le trajet coûtait auparavant 5 000 GNF. Il affirme qu’il se négocie désormais entre 6 000 et 7 000 GNF, selon les discussions avec les clients.
Cette indication correspond à son expérience de conducteur et ne constitue pas un tarif officiel applicable à l’ensemble des taxis-motos.
Pour expliquer cette différence, il évoque notamment le temps supplémentaire nécessaire pour parcourir certaines portions ainsi que la consommation de carburant.
Des portions évitées par certains conducteurs
Mohamed Sylla affirme par ailleurs que certains conducteurs refusent de s’engager sur des portions qu’ils jugent trop risquées.
Il évoque notamment le risque de glissade ou de chute. Le conducteur précise ne pas avoir lui-même chuté sur cette route, mais affirme avoir été témoin de cas de personnes ayant glissé ou chuté.

Pour Doussou Traoré, ces difficultés affectent particulièrement les habitants qui doivent se déplacer quotidiennement pour travailler. Elle appelle les responsables à poursuivre les travaux afin de faciliter la circulation dans le secteur.

À Ansoumanya Village, les témoignages recueillis font ainsi état d’une route qui modifie les habitudes de déplacement : certains habitants marchent, d’autres stationnent leurs véhicules avant de poursuivre à moto, tandis que les conducteurs doivent adapter leur vitesse et, selon l’un d’eux, négocier des courses plus élevées.
Fatoumata Bah, stagiaire pour Laguinee.info





