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Guinée : interdiction de la chicha, entre revenus bloqués et santé préservée

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Interdite depuis janvier, la vente et la consommation de la chicha refont l’actualité. Après une période de tolérance sur le terrain, les autorités ont relancé cette semaine les opérations de saisie dans plusieurs quartiers de la capitale. Une décision qui divise vendeurs et consommateurs.

Depuis lundi, les services de sécurité mènent des descentes dans les boîtes de nuit, lounges et autres bases à Kaloum, Kipé et Cosa. Chicha et accessoires sont saisis, des consommateurs interpellés. Une action saluée par une partie de la population qui y voit une mesure de protection de la jeunesse.

Dans les communes non encore touchées par les opérations, l’ambiance reste tout autre. Mercredi 09 septembre, dans un maquis de la banlieue, ils sont nombreux, assis autour du narguilé, musique à fond, débats animés, la fumée guidée par le vent.

Sur place, un vendeur, sous couvert d’anonymat, exprime son désarroi :

« Cette interdiction nous fait mal car je vis de cela. Il n’y a pas de travail. J’ai beaucoup de stock et je me demande comment écouler tout cela. À part vendre ça, je n’ai pas d’autres revenus. Comment je vais nourrir ma famille ? »

« Une bonne décision » pour certains

Si la mesure étrangle le business de certains, d’autres l’approuvent.

« Cette décision est bonne. Il y a des jeunes aujourd’hui qui ne peuvent plus s’en passer. S’ils ne dégagent pas la fumée toute la journée, ils ne se sentent pas à l’aise. Ils connaissent son danger mais ils refusent d’abandonner », confie un habitant de Kipé.

Du côté des consommateurs rencontrés, le danger est reconnu, mais pas l’envie d’arrêter.

« Je reconnais qu’en fumant la chicha, cela dégrade la santé. Mais c’est en abusant que ça devient dangereux. Même si tu abuses en mangeant du riz, ce sera dangereux pour la santé. Donc je ne suis pas prêt à arrêter de fumer pour le moment », lance un jeune consommateur, chicha à la main.

Une interdiction durable ?

Officiellement, la vente et la consommation de chicha sont désormais interdites sur toute l’étendue du territoire guinéen. Une mesure à la fois saluée pour ses enjeux de santé publique et contestée pour son impact économique.

Reste à savoir si elle perdurera. Sous l’ancien régime, une décision similaire avait été prise avant de tomber dans l’oubli, permettant au business de reprendre quelques mois plus tard.

 

Maïmouna Keïta, stagiaire pour Laguinee.info

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