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De quelques chèvres à un troupeau d’avenir : la leçon de Ibrahima Sory Diallo

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Parti d’un petit cheptel de chèvres et de moutons il y a une quinzaine d’années, Ibrahima Sory Diallo s’impose aujourd’hui comme un modèle d’entrepreneuriat agricole en Guinée. À Kouriah, il mène une expérience singulière : faire de l’élevage bovin un levier de souveraineté alimentaire.

De l’informaticien à l’éleveur

Diplômé en génie informatique, Ibrahima Sory Diallo n’était pas prédestiné à l’élevage. C’est par passion qu’il s’y lance, modestement.
« Au début, je n’avais pas de bœufs, j’avais seulement des chèvres et des moutons », se souvient-il.
Pendant plusieurs années, il se consacre aux petits ruminants avant d’opérer un tournant décisif : vendre progressivement ses bêtes pour acquérir ses premiers bovins.

Une stratégie d’investissement progressif qu’il assume :
« Je n’ai pas commencé avec un grand nombre. Une tête, deux ou trois bœufs, et au fur et à mesure que je gagne, j’achète. »
Le déclic de l’autonomie

Le parcours est semé d’embûches. Faute d’infrastructure, il confie ses animaux à un bouvier. Les bêtes divaguent, détruisent des cultures, provoquant des conflits récurrents avec les agriculteurs voisins.

Face à cette impasse, l’éleveur tire une leçon fondamentale.
« J’ai compris que pour être stable et indépendant, il fallait chercher un moyen de les garder sur place », explique-t-il.
Il décide alors de sédentariser son élevage. Il aménage un enclos sur son site de Kouriah et se lance dans la recherche d’une alimentation stable et performante. Il découvre le maralfalfa, une plante fourragère à haut rendement.
« Si tu veux engraisser un animal, c’est très facile pour toi parce que le maralfalfa est un aliment complet pour les ruminants », affirme-t-il.


Le pari de l’amélioration génétique

Au-delà de la sédentarisation, Ibrahima Sory Diallo s’attaque à un autre chantier : la productivité du cheptel guinéen.

Son troupeau se compose aujourd’hui de N’Dama, race locale réputée pour sa résistance, mais aussi de races étrangères et de métis issus de croisements. Des animaux qu’il a fait venir de l’extérieur dans l’objectif d’obtenir des sujets plus lourds, plus productifs en viande et en lait.

Une ambition née d’un constat simple sur le marché guinéen :
« Pendant les fêtes, tu peux voir quelqu’un sortir le matin jusqu’au soir pour chercher de la viande. C’est très difficile. »
Pour lui, la modernisation de l’élevage est une réponse directe au déficit d’approvisionnement que connaît le pays.

L’école du terrain

Sans formation académique en élevage, Ibrahima Sory Diallo a bâti son expertise sur le terrain. Il complète son expérience par des séminaires et une autoformation continue en ligne, en réseau avec des éleveurs et techniciens du Burkina Faso, du Mali et de la Côte d’Ivoire.

Un parcours atypique qui, après 15 ans, fait de cet éleveur de Kouriah un exemple de reconversion réussie et de résilience entrepreneuriale, à l’heure où la Guinée cherche à réduire sa dépendance en produits d’origine animale.

Ibrahima Diallo, stagiaire pour Laguinee.info 

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