Le mouvement de protestation des chauffeurs de transport en commun gagne Pita. Ce mardi 8 septembre 2026, plusieurs véhicules en provenance de Conakry ont été immobilisés devant la gare routière Barry Voyage. Des passagers ont été contraints de descendre. Certains véhicules ont également eu les pneus dégonflés pour empêcher leur départ.

À l’origine de cette mobilisation, un appel à l’arrêt de travail lancé aux chauffeurs sur l’ensemble du territoire national. Les transporteurs disent vouloir dénoncer les difficultés rencontrées sur les routes. Ils pointent notamment les contrôles, les tracasseries et les amendes qu’ils jugent excessives. L’état dégradé de plusieurs axes routiers, particulièrement en cette saison des pluies, figure également parmi leurs préoccupations.
À Pita, le mouvement perturbe directement le déplacement des voyageurs. Certains avaient pourtant déjà acheté leurs billets à Conakry.
« Je suis Maître Ibrahim, chauffeur sur l’axe Conakry-Pita. Je prends la parole au nom de tous les chauffeurs. Les transports en commun, les taxis et les petits véhicules sont concernés. Pour le moment, c’est nous qui appliquons le mouvement », explique-t-il.
Le chauffeur assure que la mobilisation se veut pacifique.
« Nous avons pris beaucoup de précautions. Il ne s’agit ni de frapper ni d’insulter qui que ce soit. Nous ne retirons rien à personne et nous ne dégradons aucune voiture. Nous avons simplement demandé à tout le monde d’arrêter le travail », poursuit-il.

Des barrages et des amendes dénoncés
Les chauffeurs dénoncent surtout la multiplication des points de contrôle et le coût des amendes qu’ils estiment disproportionné.
« Entre Pita et Mamou, il y a plusieurs barrages. De Kindia à Conakry également, il y en a plusieurs. Avant, certains chauffeurs donnaient 5 000 francs pour passer. Maintenant, on demande des documents et d’autres autorisations. On peut finalement demander au chauffeur de payer entre 50 000 et 100 000 francs, avec parfois des reçus de 400 000 ou 500 000 francs, même lorsque le véhicule transporte peu de bagages », dénonce Maître Ibrahim.
Des affirmations qui traduisent, selon les transporteurs, un malaise persistant dans l’exercice de leur activité. Ils réclament notamment une réduction des barrages et des contrôles qu’ils considèrent comme excessifs.
Le mouvement concerne également d’autres villes, selon le chauffeur.
« Ce n’est pas seulement Pita qui est concerné. Le mouvement touche également Labé, Pita et Dalaba. Nous allons attendre que le problème soit réglé. Si les barrages sont réduits, nous reprendrons le travail. Dans le cas contraire, nous continuerons jusqu’à satisfaction de nos revendications », affirme Maître Ibrahim.
Des voyageurs pris au piège
Mais derrière la revendication des chauffeurs, ce sont aussi les passagers qui paient le prix de l’arrêt du transport. À Pita, certains voyageurs se retrouvent bloqués alors qu’ils étaient déjà en route vers leur destination.
Kadiatou Diallo affirme avoir quitté Conakry après le décès de sa mère pour se rendre aux funérailles. Son voyage s’est arrêté à Pita.
« Ma mère est décédée hier. J’ai quitté Conakry pour aller aux funérailles. Nous sommes arrivés jusqu’à Pita et ils nous ont bloqués. Je leur ai dit : “S’il vous plaît, ma maman est décédée, laissez-nous passer.” Ils ont pensé que je mentais. Ils ont dégonflé les pneus et ont catégoriquement refusé de nous laisser passer. Nous souffrons ici », témoigne-t-elle.

Le mouvement met ainsi en lumière un bras de fer entre transporteurs et autorités autour des conditions de circulation. Les chauffeurs disent vouloir maintenir leur arrêt de travail jusqu’à la prise en compte de leurs revendications. Les voyageurs, eux, attendent la reprise du trafic sur les axes concernés.
Ibrahima Diallo, stagiaire pour Laguinee.info





