La vente des produits dits « rondeurs » prend de l’ampleur en Guinée. Entre marchés physiques et réseaux sociaux, les promesses d’une beauté idéalisée séduisent de plus en plus de femmes et de jeunes filles. Des produits dont la composition reste souvent méconnue, mais dont les conséquences sur la santé inquiètent.
Un marché florissant et peu contrôlé
Sur TikTok, Facebook, Snapchat ou Instagram, il suffit de quelques minutes de scroll pour tomber sur une vidéo vantant les mérites d’un produit pour grossir les fesses, lisser la peau ou obtenir des formes plus généreuses. Injections, suppositoires, sirops, gélules ou pommades à appliquer : les gammes se multiplient, tout comme le nombre de vendeuses.
Ces produits se vendent désormais partout, sans encadrement clair. Pour des raisons esthétiques, des femmes mais aussi des hommes y ont recours, sans toujours mesurer les risques.
« Ces produits, j’en voyais tous les jours sur les réseaux sociaux. J’étais fascinée. Je voulais payer. Mais je suis tombée sur des vidéos où des femmes témoignaient des effets de ces médicaments. Du coup, je me suis ravisée », confie Aïcha Doumbouya, internaute tentée par l’expérience.
Derrière cet engouement, un même objectif : afficher des fesses rebondies et une peau lisse, perçues comme des critères de séduction. Une quête de l’apparence qui se fait souvent au détriment de la santé.
Des compositions méconnues, des risques réels
Pour comprendre les dangers potentiels de ces produits, nous avons rencontré une médecin gynécologue.
« Les produits rondeurs qui sont revendus sur les marchés ont des compositions méconnues des utilisateurs », explique-t-elle.
Selon elle, la plupart de ces produits contiennent des corticoïdes, des substances qui provoquent un gonflement artificiel de certaines parties du corps par rétention d’eau.
« Ces produits peuvent causer des mycoses superficielles lorsqu’ils sont appliqués sur la peau. Ils contiennent des corticoïdes. Ces composants peuvent entraîner des complications graves, notamment un risque accru de cancer, surtout lorsqu’ils sont en contact avec l’organisme interne », poursuit la spécialiste.
Au-delà des infections cutanées, l’utilisation prolongée et sans avis médical pourrait entraîner des troubles hormonaux, des lésions internes et d’autres répercussions encore peu documentées.
L’appel à la prudence
Face à ce phénomène, la gynécologue appelle à la vigilance et à l’abstention.
« Je conseille aux femmes de rester elles-mêmes, naturelles, pour éviter des maladies incurables ou des répercussions négatives », recommande-t-elle.
Avec l’essor du commerce en ligne et la viralité des contenus sur les réseaux sociaux, les consommateurs sont de plus en plus exposés à des produits dont l’efficacité et l’innocuité ne sont pas prouvées. Les spécialistes de la santé insistent sur la nécessité de consulter un professionnel de santé avant toute utilisation.
Un enjeu de santé publique qui interpelle sur la régulation de la vente de ces produits en Guinée.
Maimouna Keïta, stagiaire pour Laguinee.info





