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Jeux au hasard en ligne: « Je pensais gagner 20 millions, mais j’ai perdu 1 million », témoigne Aboubacar

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À Conakry, pour certains jeunes, l’argent destiné aux dépenses quotidiennes peut parfois finir dans les paris sportifs. Attirés par la possibilité de multiplier rapidement leur mise, des parieurs prennent le risque d’engager des sommes prévues pour le transport ou d’autres besoins essentiels.

Deux témoignages recueillis dans la capitale illustrent des parcours différents. L’un continue de parier, malgré des pertes importantes. L’autre a décidé de tourner la page après plusieurs années de pratique.

À Koloma, Aboubacar Hawa Camara, 30 ans, est enseignant. Il pratique les paris sportifs depuis sept ans et affirme miser régulièrement autour de 15 000 francs guinéens par jour.

Il lui est également arrivé d’utiliser son argent de transport pour jouer.

« Mais bien sûr, ça m’est arrivé à maintes reprises de miser mon transport dans les jeux sportifs », témoigne-t-il.

Il raconte notamment une journée où il devait participer à une réunion avec ses collègues. Alors qu’il avait 15 000 francs guinéens sur lui, il a préféré tenter de multiplier cette somme.

« Quand j’ai vu le programme le matin, vraiment, j’ai été excité. Je me suis dit : pourquoi ne pas jouer ? J’avais 15 000 francs sur moi. Je me suis dit, avec les 15 000, pourquoi ne pas jouer ? Pour multiplier, pour avoir plus », raconte-t-il.

Le pari tourne finalement à la perte. Sans argent pour se déplacer, il ne peut pas assister à la réunion.

« Malheureusement, ça m’a coûté cher. Ce jour-là, je n’ai pas pu aller, je n’ai pas assisté à la réunion », explique-t-il.

Une absence qui, selon lui, lui a également fait perdre des informations professionnelles.

« Ce jour-là, je n’ai pas eu les informations par rapport à ce qui s’est passé à la réunion », poursuit-il.

Mais cette mise de 15 000 francs n’est pas sa plus lourde perte. Aboucar affirme avoir déjà perdu jusqu’à 1 million de francs guinéens sur un pari.

« Ma plus grosse perte a été le jour où j’ai misé 1 000 000. Ce jour-là, j’étais vraiment confiant que j’allais gagner. Le programme était du lourd. Sur le programme, c’était écrit que quand tu mises 1 000 000, tu gagnes 20 000 000 de francs guinéens », raconte-t-il.

La perte de cette somme provoque une forte déception.

« J’ai misé sans réfléchir quand j’ai vu la somme de 20 000 000 FG, mais malheureusement j’ai perdu mon argent et ça m’a mis dans une déception totale », confie-t-il.

Depuis, il affirme avoir changé de comportement et évité les grosses mises.

« Depuis ce jour, j’ai décidé de ne plus miser une grosse somme, car ça a été ma plus grosse perte », explique-t-il.

Mamadouba Camara, de parieur à ancien joueur

À Dar-es-Salam 1, Mamadouba Camara, 45 ans, est maître mécanicien. Son parcours est différent. Après plusieurs années de pratique, il dit avoir définitivement abandonné les paris sportifs.

Il affirme avoir joué entre 2009 et 2015. À l’époque, ses mises quotidiennes pouvaient atteindre 30 000 francs guinéens.

Sa plus grosse perte est survenue un samedi. Il avait alors décidé d’engager les 200 000 francs qu’il possédait sur lui.

« Je jouais de 2009 à 2015, mais cela fait onze ans maintenant que j’ai arrêté de jouer. Par jour, je misais 30 000. Ma plus grosse perte a été quand j’ai misé 200 000 FG », explique-t-il.

Convaincu par le programme proposé ce jour-là, il mise la totalité de son argent.

« C’était un samedi que j’avais misé ça. C’était tout l’argent que j’avais sur moi, mais quand j’ai vu que le programme était bon, j’ai misé les 200 000 FG pour gagner plus », raconte-t-il.

Mais le pari échoue. Il perd l’intégralité de sa mise.

« Malheureusement, j’ai perdu. Ça a été ma plus grosse perte de mon histoire. Depuis ce jour, j’ai arrêté de jouer pour ne pas perdre plus », affirme-t-il.

Pour lui, le plus difficile reste l’habitude de jouer. Même après une perte, l’envie de rejouer peut revenir avec l’espoir de récupérer l’argent perdu.

« Quand tu as l’habitude, même si tu ne gagnes pas, tu voudras tenter la chance encore. Donc j’ai décidé de ne plus regarder les matchs », explique-t-il.

Aujourd’hui, Mamadouba Camara appelle les jeunes à la prudence.

« Je conseille aux jeunes de faire attention. Ce sont des jeux de hasard. Au début, tu vas penser que tu vas gagner beaucoup, mais tu peux perdre beaucoup d’argent aussi. Moi, j’ai essayé et j’ai compris », conseille-t-il.

Il les invite à privilégier d’autres utilisations de leur argent.

« Je leur dis de prendre au sérieux et de mettre leur argent dans autre chose qui peut aboutir dans le futur », conclut-il.

À travers ces deux témoignages, deux rapports aux paris sportifs se dessinent. Aboucar Hawa Camara continue de jouer, mais dit avoir renoncé aux grosses mises après une perte d’un million de francs guinéens. Mamadouba Camara, lui, a choisi d’arrêter après plusieurs années de pratique et une perte de 200 000 francs.

Des expériences personnelles qui montrent surtout le risque, pour certains joueurs, d’engager dans les paris des sommes initialement destinées aux besoins du quotidien.

Nansira Ballo, stagiaire pour Laguinee.info

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