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Arriérés, primes et échelons : les fonctionnaires locaux déposent 2000 dossiers comme pièces à conviction contre l’État

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C’est un geste qui se veut preuve, pas symbole. Ce vendredi, dans une salle de classe à Nongo, l’Union des fonctionnaires locaux de Guinée (UFLG) et la Coordination nationale des enseignants communaux retenus ont déposé sur la table de l’intersyndicale de l’éducation plus de 2000 dossiers individuels. Objectif affiché : documenter ce qu’ils qualifient d’injustice systémique.

Le message est clair : il ne s’agit plus de revendications verbales, mais d’un dossier à charge, chiffré et territorialisé.

L’Union des fonctionnaires locaux de Guinée (UFLG) et la Coordination nationale des enseignants communaux retenus ont remis officiellement, ce vendredi 5 septembre 2026, un lot de plus de 2 000 dossiers individuels aux secrétaires généraux de l’intersyndicale de l’éducation. La cérémonie de remise s’est tenue dans une école de Nongo, en banlieue de Conakry.

À travers ce geste, les deux organisations entendent apporter des preuves matérielles des injustices dont elles s’estiment victimes et solliciter l’intermédiation de l’intersyndicale auprès des autorités compétentes.

Selon les organisateurs, les dossiers présentés constituent un échantillon représentatif provenant des différentes régions administratives, préfectures, sous-préfectures et districts du pays. Cette répartition géographique vise à démontrer que les difficultés soulevées ne sont pas circonscrites à quelques localités, mais concernent l’ensemble des fonctionnaires des collectivités locales.

« Ces documents ne sont pas de simples pièces administratives. Ils constituent des éléments concrets permettant d’apprécier l’ampleur, la gravité et l’urgence de la situation », a déclaré un responsable de l’UFLG.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté de renforcer la synergie d’action entre les différentes structures syndicales du secteur de l’éducation autour de la défense des intérêts des travailleurs.

Trois principales revendications

1. Neuf mois d’arriérés de salaires

La principale revendication porte sur le paiement de neuf mois d’arriérés de salaires couvrant la période de janvier à septembre 2024. Les organisations syndicales se fondent sur le protocole additionnel signé le 30 avril 2024, dont l’article 5 prévoit, selon elles, le rappel des salaires à compter de la prise en charge effective. Celle-ci étant intervenue en octobre 2024, les neuf mois antérieurs resteraient à régulariser.

À l’appui de leur démarche, plusieurs bulletins de salaires ont été versés au dossier. Selon les plaignants, certains bulletins du mois d’avril 2025 font apparaître le versement d’une prime de rendement spécifique en lieu et place des arriérés réclamés.

« À ce jour, ces neuf mois restent impayés. Dans ces documents, vous trouverez des échantillons de bulletins de salaire du mois d’avril 2025 sur lesquels, en lieu et place du paiement des arriérés de salaire, une prime de rendement spécifique a été versée », a expliqué un porte-parole.

2. Primes d’affectation non conformes

La seconde revendication concerne l’attribution des primes d’incitation et d’affectation. Les enseignants affectés dans les zones 3 et 4, notamment dans les sous-préfectures et districts, affirment ne pas percevoir les primes correspondant à leurs zones d’affectation.

D’après leurs déclarations, certains perçoivent entre 600 000 et 700 000 GNF, alors que d’autres agents exerçant dans les mêmes localités et dans des conditions similaires bénéficieraient de montants compris entre 1 000 000 et 1 300 000 GNF.

Des arrêtés d’engagement et d’autres documents administratifs ont été joints aux dossiers afin de permettre la vérification des zones d’affectation et leur comparaison avec les montants figurant sur les bulletins de salaire.

« Nous demandons la mise en conformité de ces primes avec les zones d’affectation, ainsi que la régularisation rétroactive de nos droits financiers », ont-ils indiqué.

3. Non-application des quatre échelons

Enfin, les organisations dénoncent la non-application de la mesure présidentielle relative à l’attribution de quatre échelons aux agents publics et aux contractuels permanents, annoncée en décembre 2024 par le président de la République. Elles estiment que cette mesure devrait leur être appliquée au regard de leur intégration dans la Fonction publique.

À travers cette remise documentaire, l’UFLG et la Coordination nationale des enseignants communaux retenus disent vouloir mettre à la disposition de l’intersyndicale de l’éducation les éléments nécessaires à l’examen de leurs revendications, dans la perspective d’une saisine des autorités compétentes en vue d’une régularisation.

Maïmouna Keïta, stagiaire pour Laguinee.info

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