L’émotion est vive à Kindia après le décès de Mamadou Diouma Bah, un candidat au baccalauréat âgé de 18 ans. Élève en Terminale Sciences Sociales au Groupe Scolaire Privé Souleymane Thiam, le jeune homme est décédé le mercredi 20 juillet 2026 alors qu’il exécutait une peine d’un mois d’emprisonnement à la Maison d’Arrêt de Kindia.
Selon les informations recueillies, le lycéen souffrait de rhumatismes, une pathologie qui, d’après ses proches, se serait aggravée au cours de sa détention.
Très affecté, son père, Boubacar Bah, est revenu sur les derniers instants de son fils. Il explique que l’état de santé de Mamadou Diouma Bah s’était progressivement détérioré après son incarcération.
« Après quatorze jours de détention, son état de santé s’est aggravé. Mon fils souffrait de rhumatismes et supportait difficilement le froid. Les responsables ont finalement autorisé son évacuation à l’hôpital régional, où il a été pris en charge pendant deux jours. Ensuite, nous avons reçu l’autorisation de rentrer à la maison. Mais à peine arrivés au portail, il s’est effondré. Nous l’avons immédiatement reconduit à l’hôpital. Nous y sommes restés jusqu’à 23 heures. À un moment, il m’a demandé de lui acheter un jus. Après l’avoir bu, il m’a dit qu’il avait de plus en plus de mal à respirer. Je suis allé chercher les médecins. Quand je suis revenu, il m’a demandé de le soutenir. Puis il m’a regardé et m’a dit : « Papa, je vais mourir. »
Au-delà de la douleur, Boubacar Bah lance un appel aux autorités. Il souhaite que les circonstances ayant conduit à cette situation soient examinées et plaide en faveur des autres candidats au baccalauréat toujours détenus.
« J’invite les autorités compétentes à revoir cette situation. À mes yeux, un élève représente l’avenir de notre pays. C’est lui qui deviendra demain enseignant, journaliste, médecin, gendarme, policier ou même président de la République. Je ne maîtrise pas les dispositions de la loi, mais je demande que les autres candidats encore détenus soient libérés afin d’éviter qu’un autre drame ne se produise. »
Pour en savoir plus sur les circonstances de ce décès, nous avons rencontré le Procureur près le Tribunal de Première Instance de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo. Il apporte des précisions sur cette affaire.
» Ce jeune Mamadou Diouma Bah faisait partie de ceux qui ont été condamnés pour fraude aux examens. Malheureusement, il est décédé des suites de la maladie qu’on appelle le rhumatisme. Mais il n’est pas décédé en prison. Dès l’instant que le régisseur m’a informé de son état de santé précaire, j’ai donné des instructions. Le régisseur l’a emmené deux fois à l’hôpital régional. Mais puisque ça continuait, ça n’allait pas, j’ai demandé au régisseur de le confier à ses parents. Donc, ce sont ses parents eux-mêmes qui l’ont emmené à l’hôpital. Puisqu’il a un médecin traitant, c’est dans ses mains qu’il est décédé. Comme l’ont relevé les parents, Mamadou Diouma Bah souffrait du rhumatisme depuis qu’il était à Dalaba. Et c’est la raison pour laquelle on l’a fait venir à Kindia. Et malheureusement, il est tombé dans cette situation. Vraiment, on est navrés, on est désolés, parce que la mort, personne ne peut la souhaiter pour son prochain. On aurait souhaité qu’il puisse purger sa peine, revenir dans la société normalement, et recommencer de la plus belle manière « .

Le décès de ce jeune candidat provoque une vive émotion au sein de la population de Kindia et relance le débat sur la prise en charge des personnes détenues présentant des problèmes de santé, ainsi que sur la situation des candidats aux examens nationaux placés sous mandat de dépôt.
JFK pour laguinee.info





