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Guéasso : la désignation du maire divise la commune, chaque camp défend sa position

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La désignation du nouveau maire de la commune rurale de Guéasso, dans la préfecture de Lola, continue de susciter des tensions. Depuis le début de la semaine, des contestations opposent une partie des militants du mouvement GMD aux responsables ayant conduit le processus de mise en place de l’exécutif communal, rapporte Laguinee.info à travers son correspondant régional.

 

Les contestataires estiment que le maire installé ne reflète pas le choix exprimé par la base. Selon eux, la composition de la liste ayant servi à la désignation de l’exécutif communal aurait été modifiée au profit d’un proche d’un responsable du mouvement.

 

Porte-parole des contestataires, Yamanty Donzo affirme que le maire en fonction n’était pas le candidat soutenu par les militants.

 

« Il a tout fait pour imposer son jeune frère. Pourtant, il ne s’est même pas présenté comme candidat, il n’a pas déposé de dossier et il n’avait même pas de carte d’électeur. Malgré cela, les autorités sont venues l’installer à la mairie. La population ne le reconnaît pas comme son maire », a-t-il déclaré.

 

Les contestataires dénoncent également des interpellations intervenues après les manifestations organisées contre l’installation du nouveau maire. Selon eux, trois personnes auraient été arrêtées à la suite de l’intervention des forces de sécurité.

 

« Les policiers et les gendarmes sont arrivés vers quatre heures du matin. Ils ont commencé à défoncer les portes de certains responsables de la jeunesse pour les arrêter. Plusieurs d’entre nous sont aujourd’hui contraints de se cacher », a ajouté Yamanty Donzo.

 

Mis en cause, le maire installé, Bangaly Soumaoro, rejette les accusations de favoritisme. Il affirme que son accession à la tête de la commune résulte du vote des conseillers communaux et non d’une quelconque intervention familiale.

 

« Le directoire ne m’a apporté aucun soutien. Au contraire, nous étions souvent en désaccord sur plusieurs questions », a-t-il soutenu.

 

À propos de son inscription sur la liste électorale, il évoque un problème administratif lors de son enrôlement.

 

« Je disposais seulement d’un récépissé à la suite d’un problème technique. Mon dossier a ensuite été validé conformément aux dispositions en vigueur », a-t-il expliqué.

 

Le maire estime par ailleurs que les manifestations ont perturbé le déroulement de la cérémonie d’installation.

 

« Certains ont barricadé l’entrée de la mairie et plusieurs biens du bâtiment administratif ont été endommagés. C’est cette situation qui a conduit à l’interpellation de quelques jeunes », a-t-il indiqué.

 

Également cité dans cette affaire, le directeur sous-préfectoral de campagne de la GMD à Guéasso, Dr Lanciné Soumaoro, assure que la liste des candidats a été établie dans le respect des orientations du mouvement et avec la participation des représentants des différents districts.

 

« Chaque district devait être représenté. Nous avons travaillé en concertation avec les sages et les responsables locaux », a-t-il déclaré.

 

Il nie toute intervention en faveur de Bangaly Soumaoro et affirme n’avoir jamais été candidat.

 

Selon lui, le différend a déjà été porté devant la justice, qui aurait rejeté les recours introduits par les contestataires.

 

« Ils ont saisi la justice, mais leur plainte a été rejetée. La justice a estimé que leurs accusations n’étaient pas fondées », a-t-il affirmé, ajoutant disposer de documents administratifs, de vidéos et de rapports retraçant le processus de désignation.

 

Malgré l’installation officielle de Bangaly Soumaoro, les tensions demeurent à Guéasso. Les contestataires continuent de remettre en cause la légitimité de l’exécutif communal, tandis que le maire et les responsables de la GMD soutiennent que la procédure ayant conduit à sa désignation s’est déroulée conformément aux règles en vigueur. Les autorités judiciaires et administratives ne se sont pas encore exprimées publiquement sur les allégations d’interpellations évoquées par les contestataires.

Cécé Kpamou, pour Laguinee.info 

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