L’administration de Donald Trump ouvre un nouveau front contre la Cour pénale internationale (CPI). Les États-Unis ont annoncé, lundi, le lancement d’une campagne gouvernementale destinée à affaiblir l’institution basée à La Haye, avec l’objectif affiché de réduire sa capacité d’action et de convaincre d’autres pays de s’en éloigner.
Selon le Département d’État, cette offensive comprendra de nouvelles sanctions financières, des restrictions de déplacement visant des responsables de la Cour et une pression diplomatique sur les États partenaires afin qu’ils revoient leur coopération avec la CPI.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, accuse la juridiction internationale de s’attaquer à la souveraineté des États-Unis.
« La CPI et ses partisans mènent une guerre contre notre pays, non pas à coups de balles ou de missiles, mais à l’aide de textes législatifs, de traités et de la force de ce qu’on appelle le droit international », rapporte africanews.com
Washington affirme vouloir empêcher la Cour de poursuivre ou de viser des militaires et responsables américains, estimant que la CPI ne dispose d’aucune compétence sur les ressortissants des États-Unis.
Cette nouvelle initiative intervient quelques mois après les sanctions prises par l’administration Trump contre plusieurs responsables de la CPI, à la suite du mandat d’arrêt délivré contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans le cadre de la guerre à Gaza.
Le Département d’État avertit également que les pays qui continueront de soutenir la Cour tout en bénéficiant de l’aide américaine pourraient faire l’objet d’une « surveillance accrue ».
Créée en 2002 par le Statut de Rome, la Cour pénale internationale est chargée de poursuivre les auteurs présumés de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de génocide et de crimes d’agression lorsque les juridictions nationales ne peuvent ou ne veulent pas agir.
Les États-Unis n’ont jamais ratifié le Statut de Rome et contestent depuis l’origine la compétence de la CPI sur leurs ressortissants. Israël partage cette position. La Russie a retiré sa signature du traité en 2016, tandis que la Chine et l’Inde ne l’ont jamais signé.
Depuis sa création, plusieurs États ont quitté la juridiction. Le Burundi s’est retiré en 2017, suivi des Philippines en 2019. D’autres, comme l’Afrique du Sud et la Gambie, avaient annoncé leur départ avant de revenir sur leur décision.
Parallèlement, trois juges de la CPI sanctionnés par Washington ont saisi la justice américaine en juin, estimant que les mesures prises contre eux constituent une pression illégale sur une institution judiciaire internationale.
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