Près de deux ans sans salaire pour certains, une année sans primes pour d’autres, des dossiers administratifs toujours en attente. Face à cette situation, le secrétaire chargé de la syndicalisation de l’USTG et du SLECG, M’Bany Kany Sangaré, interpelle publiquement les autorités guinéennes et réclame une intervention urgente.
Dans une lettre adressée au ministre de la Fonction publique et de la Modernisation et à la Direction générale de FUGAS, le responsable syndical dit s’exprimer « avec un profond respect, mais également avec une vive préoccupation » face à une crise qui, selon lui, plonge de nombreux enseignants dans une précarité grandissante.
Il rappelle qu’il y a dix mois, une commission regroupant les services compétents de l’État, les ministères de l’Éducation et de l’Enseignement technique ainsi que les représentants syndicaux avait été mise en place pour examiner les dossiers des enseignants dont les salaires avaient été suspendus.
Membre de cette commission au nom du SLECG, M’Bany Kany Sangaré affirme que les vérifications ont été menées « avec impartialité, rigueur et dans le strict respect des textes en vigueur », avant qu’un rapport ne soit transmis au ministère de la Fonction publique.
Selon lui, ce document identifie les enseignants « effectivement en situation de classe et qui doivent légitimement retrouver leurs salaires ». Pourtant, déplore-t-il, dix mois après la remise du rapport, rien n’a changé pour une partie des concernés.
« Pour nombre d’entre eux, cela fait près de deux ans sans salaire », écrit-il, avant d’ajouter : « Derrière ces statistiques se trouvent des familles entières confrontées à d’énormes difficultés : incapacité à nourrir leurs enfants, à assurer leur prise en charge sanitaire, à payer leur scolarité ou tout simplement à vivre dans la dignité. »
À cette situation s’ajoute, selon lui, le blocage des primes. « Jour pour jour, cela fait une année que de nombreuses enseignantes et de nombreux enseignants sont privés de leurs différentes primes, notamment la prime d’incitation, la prime de craie et la prime de préparation », dénonce-t-il, rappelant qu’une commission technique avait également produit un rapport sur cette question.
Le responsable syndical attire aussi l’attention sur les dossiers de transposition des hiérarchies. D’après lui, de nombreux enseignants voient leurs demandes introduites sur l’Espace Agent FUGAS figées depuis des mois sous la mention « Traitement en cours », « sans évolution ni communication officielle ».
Pour M’Bany Kany Sangaré, les conséquences dépassent désormais le simple cadre administratif.
« Aujourd’hui, la souffrance devient difficilement supportable. Plusieurs de nos collègues présentent des signes de profonde détresse psychologique, certains sombrant dans le désespoir face à cette longue attente. Chaque jour qui passe aggrave leur situation ainsi que celle de leurs familles », alerte-t-il.
Le syndicaliste lance un appel au président de la République, au Premier ministre, aux ministres concernés, à la Direction générale de FUGAS et à l’Intersyndicale de l’éducation pour rétablir les salaires des enseignants déclarés conformes par la commission, débloquer les primes en souffrance, accélérer le traitement des dossiers de transposition et communiquer sur l’évolution de ces procédures.
« Notre démarche n’est ni une accusation ni une confrontation. Elle constitue un cri du cœur, un appel à la justice, à l’équité, à la compassion et au sens élevé des responsabilités », insiste-t-il.
En guise d’avertissement, il conclut : « Le temps est désormais un facteur déterminant. Il ne faudrait pas que l’administration intervienne lorsque les conséquences humaines, sociales et psychologiques seront devenues irréversibles. Agir aujourd’hui, c’est sauver des familles, restaurer la dignité des enseignants et renforcer la confiance des citoyens envers les institutions de la République. »
Laguinee.info





