La fabrication des objets plastiques à usage unique sera officiellement interdite en République de Guinée à compter du 20 septembre 2026. L’annonce a été faite ce jeudi 18 juin par la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Djami Diallo, lors d’un entretien accordé à la télévision nationale.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre du décret portant interdiction des objets plastiques à usage unique, signé en septembre 2024. Selon la ministre, le texte prévoit plusieurs étapes destinées à permettre aux acteurs économiques de s’adapter progressivement aux nouvelles exigences environnementales.
La première échéance concernait l’interdiction d’importer les matières premières destinées à la fabrication de ces objets, entrée en vigueur six mois après la signature du décret. La seconde étape, prévue deux ans après son adoption, marque l’interdiction de leur production sur le territoire national.
Une mesure pour protéger l’environnement et la santé publique
Djami Diallo a justifié cette décision par la nécessité de lutter contre la pollution plastique et ses conséquences sur l’environnement et la santé des populations.
« Des milliers de tonnes de déchets plastiques se retrouvent aujourd’hui dans la nature. Ils obstruent les caniveaux, polluent les sols, les cours d’eau et affectent les écosystèmes. En se fragmentant, ces déchets produisent des microparticules qui contaminent l’eau, les poissons, le bétail et finissent par avoir un impact sur la santé humaine », a-t-elle expliqué.
La ministre a également souligné que cette réforme s’inscrit dans la vision des autorités visant à promouvoir une Guinée plus propre et à respecter les engagements internationaux du pays en matière de protection de l’environnement.
Les produits concernés par l’interdiction
La mesure vise principalement les objets plastiques destinés à un usage unique avant d’être jetés.
Sont notamment concernés :
les sachets d’eau ;
les sacs plastiques utilisés dans les marchés et commerces ;
les gobelets en plastique ;
les assiettes, couverts et autres ustensiles jetables.
En revanche, certains produits bénéficient d’exceptions. Il s’agit notamment des emballages destinés au secteur médical, aux activités agricoles, aux usages militaires ou encore au ramassage des déchets. Les bouteilles d’eau ne sont également pas concernées par l’interdiction afin de préserver l’accès des populations à l’eau potable.
Un dialogue engagé avec les acteurs économiques
La ministre a indiqué que le gouvernement a privilégié une démarche concertée avec les différents acteurs concernés par la réforme.
Une commission interministérielle regroupant les ministères de l’Environnement, du Commerce et de l’Industrie a été mise en place afin d’assurer le suivi de la mise en œuvre du décret. Des rencontres ont également été organisées avec les opérateurs économiques du secteur des emballages plastiques afin d’identifier leurs préoccupations et d’examiner les alternatives possibles.
La Chambre de commerce ainsi que la Fédération nationale des artisans de Guinée sont également associées au processus. Les autorités comptent notamment sur le savoir-faire des artisans pour développer des solutions alternatives réutilisables et biodégradables.
Appel à l’adoption d’alternatives durables
À quelques mois de l’entrée en vigueur de l’interdiction, Djami Diallo a invité les citoyens à modifier progressivement leurs habitudes de consommation.
« À partir du 20 septembre 2026, il sera interdit de fabriquer des objets plastiques à usage unique en Guinée. J’invite nos concitoyens à refuser les sachets plastiques et à adopter les paniers guinéens, les sacs en tissu et les emballages biodégradables. Chaque geste compte pour préserver notre environnement et la santé des générations futures », a-t-elle déclaré.
Cette réforme marque une nouvelle étape dans la lutte contre la pollution plastique en Guinée et ouvre la voie à une transition vers des modes de consommation plus respectueux de l’environnement.
Ismaël Sam, pour Laguinee.info





