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RDC : deux figures de l’opposition blessées lors d’une manifestation contre la révision constitutionnelle à Kinshasa

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 La tension est montée d’un cran, vendredi 12 juin, dans la capitale congolaise. Une manifestation organisée par la coalition d’opposition C64 contre le projet de révision de la Constitution a dégénéré en affrontements avec des militants pro-gouvernementaux, puis avec les forces de l’ordre. Deux figures de l’opposition, Martin Fayulu et le prince Epenge, ont été légèrement blessées.

La coalition C64, qui rassemble les principaux partis d’opposition, avait appelé à un rassemblement devant le bâtiment du Parlement à Kinshasa pour protester contre ce qu’elle considère comme une tentative du président Félix Tshisekedi de s’accrocher au pouvoir. Le cortège, qui comptait une centaine de personnes, a rapidement été pris pour cible. La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, tandis que des jets de pierres fusaient de part et d’autre.

Martin Fayulu, arrivé deuxième à la présidentielle de 2018 et troisième en 2023, ainsi que le prince Epenge, autre figure de l’opposition, ont été touchés lors des heurts.

Le siège du parti de Fayulu attaqué

Après la dispersion, plusieurs manifestants blessés se sont réfugiés au siège du parti « Engagement pour la citoyenneté et le développement » (ECIDE) de Martin Fayulu. Des policiers et des militants se réclamant des Forces du progrès, un mouvement de jeunesse lié au parti au pouvoir, souvent accusé d’actes de violence, ont brièvement attaqué le bâtiment à coups de pierres.

« Tshisekedi a associé la milice des Forces du progrès à la police pour attaquer des militants non armés », a accusé Fayulu depuis le siège de son parti. La plupart des blessés interrogés par l’AFP ont déclaré avoir été touchés par des pierres ; certains ont affirmé avoir été atteints par des balles, ce que l’agence n’a pas pu confirmer. La police n’a pas donné suite aux demandes de commentaires.

Un projet de loi qui crispe

Au pouvoir depuis 2019, Félix Tshisekedi, 62 ans, achève son deuxième mandat de cinq ans en 2028. La Constitution actuelle interdit toute modification du nombre et de la durée des mandats présidentiels. Pourtant, un projet de loi examiné par l’Assemblée nationale vise à permettre au président de modifier les articles constitutionnels en cas de « dysfonctionnement majeur » paralysant les institutions, à l’issue d’un référendum. Tshisekedi a récemment déclaré qu’il accepterait un troisième mandat « si le peuple le souhaite ».

La coalition C64 exige le retrait pur et simple du texte, qu’elle qualifie de « grave menace » pour la stabilité du pays. L’ancien président Joseph Kabila, condamné à mort par contumace pour son soutien présumé au groupe armé M23, a de son côté appelé les Congolais à soutenir toutes les initiatives contre la modification constitutionnelle.

La RDC, vaste pays d’Afrique centrale miné par la pauvreté, fait face par ailleurs à une épidémie d’Ebola et aux exactions du M23, groupe armé soutenu par le Rwanda, dans sa région orientale.

Laguinee.info

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