À la tribune de la 114e Conférence internationale du Travail, le ministre guinéen de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, Mory Condé, a dressé un tableau ambitieux des réformes en cours en Guinée. Dialogue social, extension de la couverture sociale, assurance chômage, assurance maladie obligatoire, contenu local : le ministre a aligné les annonces, assurant que « nos politiques publiques n’ont jamais été aussi alignées avec les standards internationaux ».
Face aux délégués du monde entier, Mory Condé a placé le dialogue social au cœur de la stratégie gouvernementale. « La conférence discute cette année d’un sujet fondamental : gérer le changement grâce à un dialogue social inclusif. Pour la Guinée, le dialogue social n’est pas un concept théorique, il est le pilier de notre transition et de notre stabilité. Face aux défis économiques et à la nécessaire modernisation de notre marché du travail, nous avons fait le choix de la concertation tripartite », a-t-il déclaré.
La protection sociale érigée en « priorité nationale »
Le ministre a ensuite déroulé une série d’annonces sociales de grande ampleur. « La protection sociale demeure un pilier essentiel de nos stratégies nationales de développement. Nous avons fait de la protection sociale une priorité nationale. Notre ambition est de construire un système de protection sociale plus inclusif, plus efficace et mieux adapté aux défis du futur », a-t-il affirmé.
Première mesure phare : l’extension progressive de la couverture sociale au secteur informel et aux professions libérales, « qui représentent la majorité de nos concitoyens », a-t-il précisé. Une inclusion de taille dans un pays où le travail informel constitue l’essentiel de l’activité économique.
Deuxième annonce : la mise en place d’une assurance chômage et d’une assurance maladie obligatoire. « Nous travaillons à la mise en place d’une assurance chômage, à la mise en place de l’assurance maladie obligatoire et à la modernisation de nos institutions de protection sociale, la CNSS et la CNPS, afin de garantir des pensions dignes », a indiqué Mory Condé.
Troisième disposition dévoilée : la création d’un fonds de soutien destiné aux personnes vivant avec un handicap, intégré au nouveau Code du travail en préparation. « Nous mettrons en place des fonds de soutien pour les personnes vivant avec un handicap. Ce fonds est consacré dans le nouveau Code du travail en cours de préparation », a-t-il souligné.
Simandou et contenu local : « la croissance doit se traduire par des emplois décents »
Sur le volet économique, le ministre a inscrit son propos dans la perspective de l’exploitation du gisement de Simandou. « La Guinée est à l’aube d’une transformation économique majeure avec le démarrage des grands projets miniers, notamment Simandou. Notre credo est clair : la croissance doit se traduire par des emplois décents pour les Guinéens. Nous mettons un point d’honneur à appliquer strictement les règles du contenu local. Il ne s’agit pas seulement de contrats, mais de transferts de compétences et de création de valeur sur nos territoires », a-t-il affirmé.
Un discours offensif sur le papier. Reste à le traduire en actes dans un pays où le chômage des jeunes et la précarité de l’emploi demeurent des défis structurels majeurs. Le ministre en a d’ailleurs convenu : « Le chemin vers un travail décent pour tous en Guinée est pavé de défis. »
Un appel à l’OIT pour le financement de la protection sociale en Afrique
Mory Condé a conclu son intervention en sollicitant l’appui de l’Organisation internationale du Travail. « L’OIT est pour nous un partenaire stratégique et nous appelons à une coopération renforcée pour le financement de la protection sociale en Afrique », a-t-il fait savoir.
Laguinee.info





