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Sénégal : l’APR de Macky Sall dresse un réquisitoire sévère contre les deux ans de gestion du régime Pastef

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 Quelques heures à peine après le grand oral du Président Bassirou Diomaye Faye, l’Alliance Pour la République (APR) est montée au créneau. Dans une déclaration au vitriol rendue publique ce mercredi, le Secrétariat Exécutif National du parti de Macky Sall dresse un bilan sans concession des vingt-quatre mois d’exercice du pouvoir par Pastef. Le ton est celui d’un réquisitoire méthodique, qui ne laisse rien passer.

« Le Secrétariat Exécutif National de l’APR exprime sa profonde préoccupation face à la crise politique majeure qui secoue aujourd’hui le sommet de l’État et qui révèle l’échec manifeste du projet politique porté par le régime Pastef », attaque d’entrée le communiqué. Avant d’enfoncer le clou : « À peine deux années après son accession au pouvoir, la coalition dirigeante expose aux yeux des Sénégalais et de la communauté internationale ses divisions internes, ses luttes d’influence et ses contradictions structurelles.»

Un pouvoir absorbé par ses querelles intestines

Pour l’APR, le diagnostic est sans appel. Les ambitions personnelles auraient pris le pas sur les exigences de l’État et les attentes des citoyens. « La Nation assiste, impuissante, à une bataille de positionnement entre les principaux dirigeants du régime, au moment même où notre pays fait face à des défis économiques, sociaux et financiers sans précédent », fustige le parti.

La formation de l’ancien président Macky Sall dresse la liste des maux qui, selon elle, accablent les Sénégalais : baisse continue du pouvoir d’achat des ménages, entreprises qui peinent à investir, chômage qui frappe durement la jeunesse, finances publiques sources de vives inquiétudes. Et pendant ce temps, accuse l’APR, « le pouvoir consacre l’essentiel de son énergie à la gestion de ses conflits internes, de leadership et de préséance avec en ligne de mire l’élection présidentielle de 2029 ».

Un bilan taillé en pièces

Le constat dressé par le Secrétariat Exécutif National est cinglant. Après plus de deux ans d’exercice, l’APR pointe :

· une gouvernance marquée par l’improvisation ;

· un pilotage à vue de l’économie nationale ;

· l’absence de réformes structurantes ;

· une communication politique fondée sur les slogans plutôt que sur les résultats ;

· une instrumentalisation récurrente des institutions à des fins partisanes ;

· une volonté permanente de gouverner par la confrontation et la désignation de boucs émissaires.

Quant au récent remaniement gouvernemental, il ne trouve pas davantage grâce aux yeux de l’opposition. « Le gouvernement dirigé par Monsieur Al Aminou Lo apparaît davantage comme une tentative de gestion d’une crise politique interne que comme une réponse aux difficultés des Sénégalais. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, rien dans cette nouvelle configuration ne permet d’espérer le redressement d’une action gouvernementale affaiblie par les rivalités personnelles, les contradictions idéologiques et l’absence de vision cohérente pour le pays. »

Appel au sursaut républicain

Face à cette situation jugée « préoccupante », l’APR appelle l’ensemble des forces vives de la Nation à la mobilisation pour préserver la stabilité des institutions, les acquis démocratiques, l’État de droit, les libertés publiques, la sécurité juridique et la crédibilité internationale du Sénégal.

« Le Sénégal ne peut pas être durablement gouverné par les rivalités d’un tandem en rupture de confiance, absorbé par ses propres conflits internes et qui manque d’orientation stratégique », assène le parti.

Soutien au recours devant le Conseil constitutionnel

Sur le front judiciaire, l’APR annonce son soutien sans réserve au recours introduit par les députés de l’opposition devant le Conseil constitutionnel, dénonçant « l’une des plus graves entorses à la légalité républicaine depuis l’avènement de l’alternance de 2024 ». Le parti martèle que « le respect de la Constitution et des lois ne peut être subordonné aux intérêts politiques du moment ni aux arrangements internes d’un parti au pouvoir déjà en déliquescence ».

Restructuration et nouvelles nominations

En interne, l’APR ne reste pas les bras croisés. Le Secrétariat Exécutif National lance un appel à la mobilisation générale des responsables, élus, cadres et militants, les exhortant à reprendre sans délai les activités à la base et à parachever, avant la mi-juillet 2026, la restructuration des Secrétariats Exécutifs Locaux. Dans cette dynamique, plusieurs nominations ont été annoncées : le capitaine Dièye comme Secrétaire national chargé des questions de Défense, le commissaire Cheikhna Keïta à la sécurité et à la sûreté nationales, Cheikh Ahmeth Tidiane Ly à la coordination de la Cellule Suivi-Évaluation-Qualité, ainsi que Ndeye Ngom et Aboubacry Sokomo à la coordination adjointe du RUR.

L’APR conclut en se disant prête à participer « à la construction d’une dynamique nationale capable d’offrir aux Sénégalais une perspective nouvelle fondée sur la compétence, la justice, le progrès économique et la stabilité institutionnelle ».

Laguinee.info

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