La scène politique sénégalaise connaît un nouveau rebondissement après la réintégration de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko comme député et son élection à la présidence de l’Assemblée nationale. Les députés de l’opposition ont annoncé avoir saisi le Conseil constitutionnel, estimant que la procédure viole la Constitution.
Dans un communiqué rendu public ce lundi, les parlementaires contestataires affirment que la décision du Bureau de l’Assemblée nationale du 24 mai 2026 est contraire aux dispositions constitutionnelles.
« Les députés de l’opposition à l’Assemblée nationale informent le peuple sénégalais et l’opinion publique internationale qu’ils ont saisi le Conseil constitutionnel d’une requête visant à faire déclarer contraire à la Constitution la décision portant réintégration de Monsieur Ousmane Sonko en qualité de député », indique le texte.
Les signataires estiment que la situation de l’intéressé serait incompatible avec les dispositions constitutionnelles en vigueur.
« En choisissant de conserver ses fonctions gouvernementales, il avait renoncé à son mandat de député au regard de la Constitution et du règlement intérieur », soutiennent-ils, évoquant une « violation flagrante du principe de séparation des pouvoirs ».
Les députés de l’opposition rappellent que seul le Conseil constitutionnel serait habilité à trancher ce type de contentieux institutionnel.
« Seul le Conseil constitutionnel, juge de la validité du mandat parlementaire et régulateur des institutions, peut empêcher qu’un acte d’une telle gravité échappe à tout contrôle », précisent-ils.
Le communiqué dénonce également des difficultés rencontrées dans l’obtention de documents administratifs nécessaires à la saisine.
« Nous avons été contraints de recourir à des sommations d’huissier pour disposer des actes et documents nécessaires à notre recours », indiquent les députés.
Ils affirment que des responsables administratifs de l’Assemblée nationale auraient refusé de transmettre certains documents officiels.
« Ce refus de communiquer des documents par nature publics constitue une entrave grave aux droits des députés et à la transparence démocratique », dénoncent-ils.
Les parlementaires signataires appellent désormais le Conseil constitutionnel à intervenir pour, selon eux, « mettre fin à cette situation ».
« Nous appelons le Conseil constitutionnel à assumer pleinement son rôle en mettant fin à cette forfaiture qui sape le fonctionnement régulier de l’institution parlementaire », conclut le communiqué.
Ils réaffirment par ailleurs leur engagement à poursuivre leurs démarches par les voies légales et pacifiques, estimant qu’aucune majorité politique ne peut se situer au-dessus de la Constitution.
Cette nouvelle controverse intervient dans un climat politique déjà tendu au Sénégal, où les débats institutionnels autour de la réorganisation du pouvoir législatif continuent de susciter de vives réactions au sein de la classe politique.
Laguinee.info





