À l’issue de son procès en appel mercredi 27 mai 2026, Nicolas Sarkozy a livré une déclaration dense et personnelle dans laquelle il a dénoncé une procédure qu’il estime construite sur des accusations sans preuves.
Face à la Cour, l’ancien président français a d’abord dénoncé ce qu’il considère comme une affaire née « dans le mensonge et le complot ». Sans citer de noms, il a affirmé que « les menteurs et les comploteurs se reconnaîtront ».
Revenant sur les quatorze années d’enquête, Nicolas Sarkozy a expliqué avoir répondu à « toutes les questions, toutes les investigations, toutes les enquêtes », estimant avoir constamment coopéré avec la justice. « Ma vie a été scrutée et rien n’a été trouvé. Mais ce n’est pas suffisant », a-t-il déclaré.
Dans un ton parfois très personnel, l’ancien chef de l’État a évoqué son passage en détention et ses conséquences familiales. « Quand je me suis retrouvé incarcéré, ce n’est pas l’ancien président qui devait expliquer à sa femme, à sa fille en larmes pourquoi je me trouvais à la prison de la Santé. C’était l’homme », a-t-il affirmé.
Durant son intervention, il a également dénoncé la pression morale vécue pendant les audiences. « Écouter sans rien dire, subir sans rien dire, se faire insulter, entendre des choses folles et garder un visage impassible », a-t-il lancé, tout en précisant ne pas vouloir se plaindre.
L’ancien président s’est aussi arrêté sur les accusations portant sur l’élection présidentielle de 2007. Très critique, il a affirmé avoir été « choqué » d’entendre que ce scrutin aurait été biaisé. « Dire que cette élection était truquée m’a blessé », a-t-il déclaré, rappelant que plus de 37 millions de Français avaient participé au vote.
Dans le même registre, Nicolas Sarkozy a rejeté toute idée d’influence étrangère durant sa présidence. « On m’a décrit comme un président sous influence étrangère », a-t-il regretté, avant de faire référence à l’intervention internationale contre le régime libyen en 2011. « Qui oserait dire que j’étais sous l’influence de Kadhafi lorsqu’il a fallu prendre la tête de la coalition qui l’a fait partir ? », a-t-il interrogé.
À plusieurs reprises, il a insisté sur sa volonté d’être jugé comme un citoyen ordinaire. « Je ne souhaite qu’une chose : être traité comme n’importe qui, être jugé pour ce que j’ai fait, pas pour ce que je suis », a-t-il déclaré devant la Cour.
Dans la conclusion de son intervention, l’ancien président français a une nouvelle fois affirmé son innocence. « Je tiens parce que je suis innocent, parce que j’aime mon pays », a-t-il déclaré, estimant qu’« après treize ans d’enquête, il n’y a aucune preuve ».
S’adressant enfin aux parties civiles, Nicolas Sarkozy a réaffirmé n’avoir « ni sollicité, ni reçu un centime de M. Kadhafi ». « Je n’avouerai jamais quelque chose que je n’ai pas fait », a-t-il conclu.
Laguinee.info





