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Mamadou Saliou Camara: «L’islam est une religion de paix, d’unité, de coopération et de partage»

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À l’occasion de l’Aïd El-Kébir célébré ce mercredi 27 mai 2026, le premier imam de la grande mosquée Fayçal de Conakry, Mamadou Saliou Camara, a prononcé un sermon centré sur les valeurs fondamentales de l’islam : paix, unité, tolérance et foi en la destinée divine. Un message d’une grande profondeur spirituelle, adressé autant aux fidèles présents qu’à une nouvelle génération qu’il a tenu à interpeller directement.

Devant des milliers de fidèles, l’imam a choisi ses mots avec soin. Et ils ont porté bien au-delà de la prière.

L’islam, religion de paix et de partage

Fidèle à une tradition qu’il honore à chaque grande fête musulmane, le premier imam de la mosquée Fayçal a placé son sermon sous le signe de l’apaisement et de la communion. « L’islam est une religion de paix, d’unité, de coopération et de partage. Elle prône le pardon, la tolérance, l’entente », a-t-il rappelé en introduction.

Mais c’est sur la question de la destinée que son propos a pris sa dimension la plus spirituelle. « Que chacun sache que son destin, Allah le Tout-Puissant l’a déjà tracé. Personne ne peut empêcher l’accomplissement de ce qu’Allah t’a destiné. Ce qu’il t’a destiné, tu l’auras. Même si tout le monde manifeste son opposition, si Dieu l’a prescrit tu l’auras. Si Allah ne t’a pas destiné quelque chose, tu ne l’auras guère », a-t-il déclaré. Avant de conclure sur cette invitation : « Croyons en Allah, pratiquons notre religion et suivons les recommandations divines. »

Un message de sérénité, adressé à une société souvent traversée par les tensions, les convoitises et les impatiences.

Une mise au point pour la jeunesse

L’imam n’a pas hésité à interpeller directement la nouvelle génération sur un malentendu qu’il juge grave. « J’en appelle ici à nos enfants qui disent que l’islam est une religion des Arabes. Ce n’est pas une erreur, c’est une faute grave. Sans doute, c’est Sheitan qui les égare », a-t-il lancé avec fermeté.

Il a étayé son propos par un argument historique saisissant : « Pourquoi Abu Djahl, oncle paternel du prophète Mohamed, paix et salut sur lui, n’a pas épousé l’islam ? L’islam c’est pour tout le monde. » Une façon de rappeler que la foi n’est pas une affaire d’origine ou de nationalité : elle est un choix du cœur, universel par essence.

Un appel à la tolérance interreligieuse

Dans un passage remarqué, le premier imam de Fayçal a tenu à s’adresser à l’ensemble de la société guinéenne, au-delà de la seule communauté musulmane. Avec une franchise rare dans un sermon religieux, il a affirmé : « Je ne suis pas capable de guider l’esprit de tout le monde à l’islam, je vis avec ma foi, les autres aussi vivent avec leur foi religieuse. Dans le monde ci-bas, il n’y a pas de mauvaise religion.»

Il a développé sa pensée avec une clarté désarmante. « Toutes les religions sont utiles parce qu’il n’y a pas de religion qui n’appelle pas à la paix, à l’amour, à l’éducation. S’il y a l’éducation, la paix, l’amour, c’est utile pour tout le monde. Donc, toutes les religions sont bonnes dans le monde ci-bas. » Avant de préciser sa conviction profonde de croyant : « Mais la religion qui va sauver demain les fidèles pour les faire rentrer dans le paradis et les sauver de l’enfer, c’est l’islam. »

Un équilibre délicat, rare et courageux, celui d’un homme de foi qui respecte la liberté des autres sans renier la sienne.

Dans un Conakry à quelques jours d’un triple scrutin électoral, le sermon de l’imam Mamadou Saliou Camara à la mosquée Fayçal a résonné comme un rappel bienvenu : les valeurs qui font tenir une société ensemble, la paix, la tolérance, la foi et le respect mutuel, ne se décrètent pas. Elles se cultivent, fête après fête, sermon après sermon, génération après génération.

 

Laguinee.info

 

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