Quelques jours seulement après son limogeage de la Primature, Ousmane Sonko a été élu ce mardi 26 mai 2026 à la présidence de l’Assemblée nationale du Sénégal. Le leader de Pastef a recueilli 132 voix sur 165 députés, un score largement majoritaire qui confirme la solidité de sa base parlementaire et mesure l’ampleur du défi qu’il représente désormais pour le président Bassirou Diomaye Faye.
Limogé vendredi. Élu au perchoir mardi. En quatre jours, Ousmane Sonko a réussi ce que peu auraient cru possible.
132 voix sur 165 : une majorité écrasante
Sur les 165 députés que compte l’Assemblée nationale sénégalaise, 132 ont voté pour Ousmane Sonko. Soit 80 % de l’hémicycle. Un score qui dépasse même les 130 sièges que détient Pastef, signe que quelques voix extérieures au parti se sont jointes au vote en faveur du nouveau président du Parlement.
33 voix manquent à l’appel : abstentions, votes nuls ou votes dissidents, sans qu’il soit possible à ce stade d’en détailler la composition. Mais elles ne changent rien à l’essentiel : Sonko dispose d’une majorité confortable et militante qui lui donne tous les leviers institutionnels dont il a besoin pour occuper pleinement ce poste.
Ce chiffre n’est pas qu’un résultat. C’est une déclaration politique. Celle d’un parti qui, malgré la rupture avec la présidence de la République, reste soudé derrière son fondateur. Celle d’un homme qui, à peine sorti de la Primature, démontre qu’il n’a rien perdu de son emprise sur la formation qu’il a construite.
Du palais de la Primature au palais du Parlement
Il y a quelques jours à peine, Ousmane Sonko occupait la Primature. Ce mardi, il prend la tête d’une autre des plus hautes institutions de la République sénégalaise. La présidence de l’Assemblée nationale place son titulaire au troisième rang dans l’ordre protocolaire de l’État, après le président de la République et le président du Sénat.
Mais au-delà du protocole, ce poste lui confère des leviers institutionnels considérables : la maîtrise de l’agenda législatif, la présidence des séances plénières, et surtout le contrôle d’une majorité parlementaire capable de renverser n’importe quel gouvernement que Diomaye tenterait de former sans son accord.
Une cohabitation institutionnelle inédite s’ouvre
L’élection de Sonko au perchoir inaugure une configuration sans précédent dans l’histoire politique du Sénégal. D’un côté, un président de la République qui a choisi de s’affranchir de son Premier ministre et mentor politique. De l’autre, ce même mentor installé à la tête du Parlement avec une majorité écrasante et une légitimité militante intacte.
La question qui se posait en théorie depuis quelques jours devient désormais une réalité concrète et urgente : Diomaye Faye peut-il gouverner avec un Sonko au perchoir ? Et Sonko, depuis le perchoir, entend-il gouverner contre Diomaye ou avec lui ?
Le nouveau Premier ministre Al Amine Lô devra obtenir la confiance de cette Assemblée dans un délai de trois mois. Ce sera le premier test grandeur nature de la cohabitation institutionnelle sénégalaise.
Le verdict des urnes parlementaires est tombé ce mardi : 132 voix sur 165. Sonko est de retour, plus fort institutionnellement qu’il ne l’était peut-être à la Primature. La suite appartient à l’histoire politique d’un Sénégal qui, en l’espace d’une semaine, a changé de visage.
Laguinee.info





