Le Syndicat National des Pharmaciens de Guinée (SYNAPHAG) est désormais déterminé à se faire entendre face à la fermeture de plusieurs officines dans différentes localités du pays. Dans une déclaration rendue publique ce samedi, le syndicat a dénoncé le refus d’octroi d’agréments, les fermetures de pharmacies ainsi que la “brutalité administrative” qu’il juge préoccupante. Il appelle les autorités sanitaires à privilégier le dialogue et des solutions transitoires afin d’éviter une crise sociale et sanitaire.

Le ton est ferme, mais mesuré. Devant la presse et l’opinion publique, le Syndicat National des Pharmaciens de Guinée (SYNAPHAG) a exprimé sa profonde inquiétude face aux opérations de fermeture visant plusieurs officines de pharmacie à travers le pays. Ces mesures frappent principalement de jeunes pharmaciens dont les dossiers d’agrément sont en attente depuis plusieurs années.
D’entrée, le syndicat tient à clarifier sa position : il ne cautionne aucune forme d’anarchie dans l’exercice de la profession pharmaceutique. Le SYNAPHAG rappelle qu’il demeure “le premier défenseur de la légalité”, attaché au respect des normes sanitaires et de la réglementation en vigueur.

Mais derrière les fermetures en cours, le syndicat affirme voir une autre réalité : celle de jeunes pharmaciens diplômés qui ont choisi la voie légale en déposant des dossiers complets auprès des autorités compétentes, parfois depuis deux à quatre ans, sans obtenir de réponse officielle.
Selon le SYNAPHAG, plusieurs de ces professionnels ont pourtant engagé d’importants investissements dans l’attente de leurs agréments. Certains auraient contracté des prêts bancaires, loué des locaux, recruté du personnel et commencé à approvisionner les populations en médicaments de qualité.
« Ces jeunes confrères ont avancé. Ils ont investi, contracté des prêts bancaires, loué des locaux, recruté du personnel et mis à disposition des populations des médicaments de qualité », mentionne la déclaration.
Pour le syndicat, à travers son président Thierno Oumar Barry, les fermetures actuelles ne traduisent pas nécessairement une volonté de fraude ou d’insoumission, mais révèlent plutôt un “dysfonctionnement administratif profond dans le traitement des demandes d’autorisation d’exercer”.

Le président du SYNAPHAG va plus loin : « Pire encore, nous constatons un traitement à double vitesse de certains dossiers, ce qui crée un sentiment d’iniquité inacceptable et fragilise la cohésion de notre corporation. »
À travers cette sortie médiatique, le SYNAPHAG dénonce également ce qu’il qualifie de gestion inéquitable des dossiers d’agrément, une situation qui alimente selon lui frustration, incompréhension et tensions au sein de la corporation pharmaceutique.
Appel pressant aux autorités administratives
Face à cette situation, le syndicat appelle les autorités sanitaires, notamment le Ministère de la Santé, l’Inspection Générale de la Santé, la Direction Nationale de la Pharmacie et du Médicament (DNPM) ainsi que l’Ordre National des Pharmaciens à engager rapidement un dialogue de crise afin de mettre fin à cette situation.
Dans cette dynamique, le SYNAPHAG formule trois principales propositions :
La première concerne l’instauration d’un moratoire immédiat sur les fermetures des officines dont les dossiers sont officiellement en attente d’examen. Le syndicat estime qu’il serait plus judicieux de traiter les dossiers avant toute mesure coercitive.
La deuxième proposition porte sur la création d’une commission technique paritaire réunissant les autorités sanitaires, l’Ordre des pharmaciens et le SYNAPHAG. Cette structure aurait pour mission d’auditer les dossiers en souffrance, d’identifier les situations recevables et d’établir un calendrier transparent de régularisation.
Le syndicat a par ailleurs plaidé pour des mesures transitoires, notamment l’octroi d’autorisations provisoires d’exercer afin d’éviter la faillite de jeunes entrepreneurs et la suppression d’emplois dans le secteur.
Dans leur déclaration, les responsables du SYNAPHAG ont indiqué rester disponibles et tendent la main aux autorités pour une issue concertée. Toutefois, le syndicat prévient qu’il n’exclut pas des actions fortes si aucune solution n’est trouvée dans les prochains jours.
Le SYNAPHAG insiste ainsi sur la nécessité de concilier respect de la loi, protection de la santé publique et préservation des emplois. Pour le syndicat, “la brutalité administrative ne saurait tenir lieu de politique de santé publique”.
Dans un contexte marqué par les difficultés d’accès aux soins et aux médicaments dans plusieurs zones du pays, cette sortie du SYNAPHAG relance le débat sur la gouvernance du secteur pharmaceutique en Guinée et sur la nécessité d’une réforme plus fluide, plus équitable et plus transparente du système d’agrément.
IAC, pour Laguinee.info





