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CRIEF : Alpha Mohamed Kallo, ancien DG de la BNIG nie les faits, le procès renvoyé au 10 juin

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Les débats ont repris ce lundi 18 mai 2026 dans le procès d’Alpha Mohamed Kallo, ancien directeur général de la Banque nationale d’investissement de Guinée (BNIG). Interrogé à la barre, le prévenu a rejeté l’ensemble des charges retenues contre lui, contestant notamment le détournement présumé de 75 milliards de francs guinéens. L’affaire a été renvoyée au 10 juin pour la suite des débats.

Un ancien banquier au sommet de l’État, un patrimoine étalé sur trois continents, et des accusations à plusieurs dizaines de milliards. La CRIEF reprend le fil.

Un homme, un dossier lourd

Alpha Mohamed Kallo comparaît devant la Cour de répression des infractions économiques et financières aux côtés d’Ibrahima Tounkara, de Maurice Eugène Alecaut, d’Afriland First Bank SA, et des sociétés EJICO SARL et Djoliba Pêche. Les charges sont multiples et graves : détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux, faux et usage de faux en écritures publiques, atteinte à l’égalité des candidats dans les marchés publics, complicité et recel.

Nommé directeur général de la BNIG en avril 2018 dès la création de la banque, et remplacé en avril 2022, il a dirigé pendant quatre ans une institution publique dont la mission était de financer les entreprises de jeunes et de femmes en difficulté d’accès au crédit bancaire classique. Un capital social de 100 milliards de francs guinéens, complété par 700 milliards en bons d’investissement financés par les banques commerciales. L’État guinéen en détenait 60 %, la Banque Centrale 30 % et Afriland First Bank 10 %.

À la barre : le prévenu conteste tout

Interrogé par le juge Alpha Camara, assisté de ses conseillers Kanda Doumbouya et Mamadou Dian Diallo, Alpha Mohamed Kallo n’a pas reconnu les faits. Sur la procédure d’octroi de crédits, il a rappelé que les décisions ne relevaient pas de lui seul, mais d’un comité d’investissement, et qu’un minimum de garanties était défini par le conseil d’administration.

Sur les deux montants qui lui sont reprochés,119 millions et 75 milliards de francs guinéens, sa position est nette. Le premier montant « n’a jamais existé ». Concernant les 75 milliards, le prévenu avance une explication : il s’agirait de fonds accordés à des clients de la BNIG qui n’ont pas répondu aux sollicitations de la nouvelle équipe dirigeante. « Sa responsabilité lui aurait été imputée alors qu’il n’est pour rien », s’est-il défendu.

Il a également rejeté les accusations d’octroi de crédits à des proches, citées par le juge, notamment les noms de Sahada Tounkara et Noumouké Kaké.

Un patrimoine sur trois continents

Le volet patrimonial de l’audience a été particulièrement instructif. Alpha Mohamed Kallo a déclaré percevoir, à l’époque de son mandat, un salaire mensuel de 128 millions de francs guinéens, accessoires compris. Il affirme posséder plusieurs établissements scolaires, dont l’université Conakry Le Prince, créée en 2006, et deux instituts professionnels à Kissidougou et Guéckédou, ainsi que plusieurs biens immobiliers répartis sur plusieurs pays.

Son patrimoine déclaré comprend une villa à Taouyah acquise en 1988 pour 12,8 millions de francs guinéens, une maison à Washington achetée en 1993 pour 365 000 dollars, une propriété à Paris acquise en 2007 pour 267 000 euros, ainsi que deux plantations totalisant 160 hectares à Kissidougou et dans son village natal de Karako, et trois tracteurs actuellement en panne.

Il soutient avoir constitué ce patrimoine grâce aux revenus de ses activités exercées depuis 1984 en France, en Guinée et aux États-Unis, bien avant son passage à la tête de la BNIG.

Renvoi au 10 juin

Après l’interrogatoire par le parquet et les avocats de la partie civile, les avocats de la défense ont sollicité un renvoi en fin d’audience, l’heure tardant. La Cour a accédé à cette demande. L’affaire est renvoyée au mercredi 10 juin pour la suite des débats.

Quatre années de détention provisoire, un patrimoine international à expliquer, et des milliards de francs guinéens en question. Le procès d’Alpha Mohamed Kallo est loin d’être terminé. Le 10 juin dira si les explications du prévenu résistent à l’épreuve de la barre.

 

Laguinee.info

 

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