spot_imgspot_imgspot_imgspot_img

Guinée : l’OGDH alerte sur des dysfonctionnements persistants dans la chaîne pénale et appelle à des réformes profondes

spot_imgspot_imgspot_img

À LIRE AUSSI

Le fonctionnement de la chaîne pénale en Guinée reste marqué par de nombreuses insuffisances structurelles. C’est le principal constat d’un rapport publié ce jeudi par l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen), présenté à la Maison de la presse de Conakry.

Cette étude dresse un état des lieux jugé préoccupant du système judiciaire, tout en formulant une série de recommandations visant à améliorer l’accès à la justice et le respect des droits fondamentaux.

Une étude basée sur des enquêtes de terrain

Selon les auteurs du rapport, le travail repose sur une méthodologie combinant entretiens avec des acteurs de la justice, visites dans les juridictions, services de police judiciaire et établissements pénitentiaires, ainsi qu’une analyse des textes législatifs nationaux et internationaux.

Le consultant national ayant présenté les résultats souligne l’existence d’efforts institutionnels, mais insiste sur la persistance de nombreux défis structurels qui freinent l’efficacité de la chaîne pénale.

Des acquis juridiques, mais des difficultés d’application

Le rapport rappelle que la Guinée dispose d’un cadre juridique relativement étoffé, renforcé par plusieurs conventions internationales intégrées dans le droit interne. Des réformes ont notamment concerné le Code pénal, le Code de procédure pénale, le Code de l’enfant ainsi que la Constitution, qui consacre le respect des droits fondamentaux.

Cependant, l’application de ces textes reste jugée insuffisante sur le terrain.

Détentions prolongées et lenteurs judiciaires pointées du doigt

Parmi les principales préoccupations relevées figurent les détentions préventives prolongées, les lenteurs dans le traitement des dossiers judiciaires, ainsi que la faible coordination entre les acteurs de la chaîne pénale.

Le rapport évoque des cas de détention pouvant atteindre plusieurs années sans jugement, une situation qualifiée de grave atteinte aux droits fondamentaux et à la présomption d’innocence.

Des infrastructures vétustes et une administration peu modernisée

L’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen met également en avant la vétusté des infrastructures judiciaires et pénitentiaires, ainsi que l’absence de numérisation dans plusieurs services de greffe. Ces insuffisances contribuent, selon l’organisation, à ralentir le traitement des procédures et à fragiliser l’efficacité du système.

Des recommandations pour une réforme en profondeur

Face à ces constats, l’organisation appelle à une réforme progressive mais structurante de la chaîne pénale. Parmi les recommandations figurent le respect strict des délais de procédure, la modernisation des tribunaux et des établissements pénitentiaires, ainsi que la mise en œuvre effective du fonds d’aide juridictionnelle.

Elle plaide également pour une meilleure coordination institutionnelle entre les acteurs du système judiciaire afin de réduire les abus et renforcer la protection des droits humains.

Un appel à renforcer l’accès à la justice

L’OGDH estime que l’amélioration du système judiciaire guinéen passe par une volonté politique forte et des réformes concrètes sur le terrain. L’organisation insiste sur la nécessité de garantir un accès équitable et effectif à la justice, en particulier pour les personnes les plus vulnérables.

IAC, pour Laguinee.info 

- Advertisement -
spot_img
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS