Par décret du président Mamadi Doumbouya, un Commandement des Opérations Spéciales (COS) vient d’être créé au sein des Forces Armées Guinéennes. Cette nouvelle structure interarmées, placée sous l’autorité directe du Chef d’État-major général des armées, regroupe les principales unités d’élite du pays et est chargée de conduire des opérations à haute valeur stratégique, notamment dans la lutte contre le terrorisme.
L’armée guinéenne se dote d’un nouveau cerveau opérationnel.
Annoncé ce mercredi 22 avril 2026 à la télévision nationale, le décret du président Mamadi Doumbouya institue le Commandement des Opérations Spéciales, défini à l’article 2 du texte comme une « structure de commandement opérationnel interarmé et interservice ». Placé sous l’autorité directe du Chef d’État-major général des armées et agissant selon les orientations du Président de la République, le COS est dépourvu de personnalité juridique propre.
Un dispositif qui regroupe toutes les composantes de la défense
Selon l’article 5 du décret, le COS est constitué par prélèvement au sein de toutes les composantes de la défense et de la sécurité : l’Armée de Terre, l’Armée de l’Air, la Marine nationale, la Gendarmerie et la Police nationale. Six unités d’élite intègrent désormais ce dispositif de coordination :
- le Groupement des Forces Spéciales (GFS),
- le Bataillon des Troupes Aéroportées (BATA),
- le Groupement des Forces d’Intervention Rapide (GFIR),
- le Groupement d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN),
- le Groupement d’Intervention de la Police Nationale (GIPN), ainsi que les fusiliers commandos de l’Air et les fusiliers marins commandos.
Trois missions stratégiques
Le COS est investi de trois missions principales : planifier, préparer et conduire des opérations spéciales à haute valeur stratégique ; lutter contre le terrorisme et les menaces asymétriques ; et renforcer la capacité d’anticipation et de réaction des forces de défense. Il est également chargé de la collecte, l’exploitation, l’analyse, la coordination et la diffusion du renseignement d’intérêt opérationnel.
Un rôle de coordination, non de substitution
Le décret tient à préciser la nature exacte de cette nouvelle structure pour éviter toute confusion avec les forces existantes. « Le COS n’a pas vocation à se substituer aux forces existantes. Il constitue un dispositif de coordination visant à optimiser l’emploi des capacités opérationnelles des unités d’élite », indique le texte.
Pour diriger cette structure, le décret exige un profil expérimenté : un officier général ou un colonel titulaire du brevet de l’école de guerre, justifiant d’au moins cinq années d’expérience dans les opérations spéciales.
La création du COS intervient dans un contexte régional marqué par la montée des menaces sécuritaires au Sahel et dans les pays limitrophes de la Guinée, et s’inscrit dans la dynamique de modernisation et de professionnalisation de l’outil de défense guinéen engagée par les autorités de transition.
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