Du 20 au 23 avril 2026, Conakry abrite l’atelier fondateur de l’Académie Virtuelle du CAMES (AVI-CAMES). Dix-neuf pays membres du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur participent à cette rencontre stratégique, dont l’objectif est de bâtir un centre de services numériques au profit des institutions d’enseignement supérieur et de recherche du continent. Le programme est estimé à 91 millions de francs CFA sur 24 mois.

L’Afrique trace sa route vers un enseignement supérieur connecté et souverain. Et c’est depuis Conakry qu’elle pose ce jalon.
Pendant trois jours, du 20 au 23 avril 2026, la capitale guinéenne accueille les travaux de lancement de l’Académie Virtuelle du CAMES, conçue comme un centre de services dédié aux 19 États membres de l’organisation. L’initiative répond aux besoins croissants des institutions d’enseignement supérieur et de recherche, dans un contexte où la transformation numérique s’impose comme une priorité pour le développement du continent.

Quatre missions au service d’une ambition continentale
Le projet AVI-CAMES repose sur quatre axes stratégiques : la formation, le renforcement des capacités, le conseil et l’expertise, et la diffusion de l’information. Estimé à 91 millions de francs CFA, il sera mis en œuvre sur une période de 24 mois. La tenue de cet atelier fondateur à Conakry s’inscrit dans la mise en œuvre de la résolution N°05-2025 du CAMES, traduisant la volonté commune des États membres d’accélérer la transformation numérique de leurs systèmes d’enseignement supérieur.
Diaka Sidibé : « Un levier de développement des compétences sans frontières »
Présidente du Conseil d’administration du CAMES et ministre guinéenne de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Diaka Sidibé a ouvert les travaux avec un message de vision et d’ambition.
« Les institutions d’enseignement supérieur ne sont pas seulement des lieux de transmission de savoirs, elles sont le moteur du capital humain. Par l’AVI-CAMES, nous créons un levier de développement des compétences sans frontières, permettant à nos chercheurs et étudiants de rayonner à l’échelle internationale », a-t-elle affirmé.
La ministre a souligné l’engagement de la Guinée à accompagner pleinement la mise en œuvre de cette académie et a mis en avant les technologies éducatives comme socle d’une éducation de qualité pour les générations à venir. Au nom du président Mamadi Doumbouya, elle a exprimé la reconnaissance de la Guinée envers le Secrétariat général du CAMES pour la confiance accordée en choisissant Conakry comme cadre de cet atelier fondateur.
Pr Konaté : « Nous n’avons pas les données numériques »
Le Secrétaire général du CAMES, le Professeur Souleymane Konaté, a posé avec franchise le diagnostic d’un continent encore trop dépendant des données et des outils numériques produits ailleurs.
« Nous sommes dans un monde qui est gouverné par le numérique et par les données. Les solutions artificielles sont basées sur les données. Les solutions que nous consommons ne sont pas africaines, tout simplement parce que nous n’avons pas les données numériques. Et donc, le plus simple pour nous, c’est de travailler sur ces questions accompagnées », a-t-il déclaré.
Pour le Secrétaire général, construire l’autonomie scientifique et technologique du continent passe nécessairement par une production locale de données et l’élaboration de cadres réglementaires adaptés au contexte africain. Une conviction au cœur même du projet AVI-CAMES.
Des commissions pour bâtir les fondations
Durant les trois jours de travaux, plusieurs commissions thématiques ont été mises en place pour examiner les volets économique, social et technique du projet. Ces groupes de travail sont chargés de formuler des recommandations concrètes qui alimenteront les rapports finaux attendus à l’issue des sessions.
Conakry accueille ainsi bien plus qu’un simple atelier. Elle abrite la naissance d’une institution appelée à devenir un pilier du développement académique africain, un espace d’enseignement supérieur intégré, résilient et tourné vers l’innovation, pour une Afrique qui entend produire ses propres connaissances et écrire son propre avenir numérique.
IAC, pour Laguinee.info







