La Délégation syndicale d’Areeba Guinée a adressé un nouveau courrier, ce lundi 20 avril 2026, à la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget. Faute de réponse à leur précédent message du 9 avril, les représentants des employés dénoncent une situation « critique » qui se dégrade chaque jour : trésorerie au plus bas, fournisseurs en retrait, et menaces sur le réseau et l’emploi.
« Chaque jour de retard aggrave la crise et réduit les chances de sauver Areeba Guinée », écrivent les syndicalistes. Une semaine après leur premier avertissement, ils n’ont reçu ni réponse ni accusé de réception. L’entreprise, fierté nationale selon eux, vacille.
Dans un document daté du 20 avril 2026, dont Laguinee.info a obtenu copie, la Délégation syndicale d’Areeba Guinée (DSAG) interpelle une nouvelle fois la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget. Le ton est celui de l’urgence. « La situation de notre entreprise, déjà critique, ne cesse de se dégrader », écrivent les signataires, qui dénoncent un silence prolongé de l’administration.
Le syndicat rappelle que son précédent courrier du 9 avril 2026 était resté sans suite. À l’époque, les représentants des employés avaient déjà attiré l’attention sur trois points majeurs : l’accélération de la recherche d’un partenaire stratégique pour moderniser les infrastructures d’Areeba Guinée, les risques sociaux liés à la suppression de certains avantages et aux départs de compétences clés, ainsi que l’impact économique d’une dégradation du service sur la connectivité de millions de Guinéens.
Or, selon la délégation, aucun signe concret ne leur est parvenu concernant les mesures annoncées, ni sur la recherche d’investisseurs, ni sur une éventuelle enveloppe budgétaire pour soutenir l’opérationnel. Pire, la trésorerie disponible serait aujourd’hui « insuffisante pour maintenir la totalité des opérations ». En conséquence, « la plupart des fournisseurs ont réduit leurs interventions proactives faute de paiement ».
Face à cette détérioration et au silence persistant, le syndicat pose deux questions précises à la ministre. D’abord : « Quel est l’état d’avancement de l’appel à manifestations d’intérêt pour les investisseurs ? Et quel est le calendrier de sélection ? » Ensuite : « Quelles mesures concrètes sont prises pour éviter l’effondrement du réseau, qui tuérait toute concurrence en Guinée et mettrait en chômage des centaines d’employés ? »
Le courrier, signé par un membre identifié comme Mamandí Sidime, ne cache pas son inquiétude. La disparition du réseau Areeba, prévient-il, n’affecterait pas seulement les usagers mais aussi l’équilibre concurrentiel du secteur des télécoms en Guinée. Des copies de la lettre ont été adressées au ministère de la Communication, de l’Économie Numérique et de l’Innovation, au directeur général d’Areeba Guinée, à la FESATEL, à l’IGT ainsi qu’à la presse.
« Nous ne doutons pas de votre engagement pour le développement économique de la Guinée », écrivent encore les syndicalistes à l’adresse de la ministre. Mais le temps, insistent-ils, presse. Dans l’attente d’une réponse, la Délégation syndicale d’Areeba Guinée maintient la pression. Et laisse planer une question : jusqu’où la situation peut-elle se dégrader sans une intervention rapide des pouvoirs publics ?
Laguinee.info







