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Guinée : une lettre ouverte interpelle le président Mamadi Doumbouya sur la gestion de la communication publique

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Dans une lettre ouverte datée du 18 avril 2026 à Conakry, Billy Keïta, qui se présente comme un « citoyen en médiation », s’adresse au président de la République, Mamadi Doumbouya, pour dénoncer ce qu’il considère comme des dérives dans la communication autour du pouvoir. « Je vous écris les mains nues, sans calcul, sans filet », affirme-t-il d’entrée, estimant que « le silence, aujourd’hui, serait une trahison ».

L’auteur inscrit son propos dans le prolongement des événements du Coup d’État du 5 septembre 2021 en Guinée, rappelant le rôle joué par le chef de l’État. « Le 5 septembre 2021, vous avez rendu à la Guinée sa colonne vertébrale », écrit-il, avant de s’interroger : « Qui prendra les siennes aujourd’hui ? »

Dans son analyse, il affirme que depuis fin 2024, certains acteurs se réclamant du pouvoir participeraient à la dégradation de son image. « Ils piétinent votre sacrifice avec des claviers haineux, des insultes publiques, des vidéos sans honneur. Ils se disent “communicants”. Ils ne sont que des naufrageurs », dénonce-t-il.

La lettre met également en cause plusieurs figures actives sur les réseaux sociaux, accusées d’avoir changé de position au fil du temps. « Ceux qui vous combattaient hier prétendent vous défendre aujourd’hui », écrit-il, évoquant une « chronique d’une usurpation » fondée, selon lui, sur des prises de parole contradictoires et des archives numériques toujours disponibles.

Au-delà des critiques, Billy Keïta alerte sur les conséquences de ces pratiques sur la cohésion sociale. « Ils ont fait détester Mamadi Doumbouya par ceux qui l’aimaient. Ils ont opposé le frère au frère », affirme-t-il, estimant que la communication actuelle est en contradiction avec les principes affichés par les autorités. Il cite notamment le serment d’investiture : « On ne construit pas un pays dans la division, on ne bâtit pas une nation dans la haine ».

Dans ce texte, l’auteur évoque également son propre engagement en faveur des autorités, affirmant avoir défendu publiquement leurs actions sans contrepartie. « Je n’ai jamais tendu la main. Je n’ai jamais monnayé ma plume », insiste-t-il, tout en regrettant des obstacles rencontrés dans la publication d’un ouvrage qu’il consacre à cette vision.

La lettre formule ensuite plusieurs propositions. « Créez une Commission de Validation Communicationnelle », suggère-t-il, appelant à « examiner les archives : qui vous défendait en 2021, 2022, 2023 ? Qui vous insultait ? ». Il plaide également pour un encadrement plus strict des prises de parole publiques : « Rendez la communication aux professionnels », estimant que « la communication est devenue une jungle ».

Dans le même esprit, il appelle à un retour à une communication institutionnelle plus structurée. « Restaurez l’ordre et la grandeur », écrit-il, considérant que « l’intérêt supérieur de la Nation doit l’emporter sur l’intérêt des relations ».

En conclusion, Billy Keïta invite le président Mamadi Doumbouya à agir rapidement. « Si vous ne faites rien, l’Histoire retiendra que le Général qui a libéré la Guinée a laissé son image otage de ceux qui l’avaient combattue », prévient-il. Et d’ajouter : « Je ne vous demande ni poste, ni prébende. Je vous demande de protéger votre nom, parce qu’en protégeant votre nom, vous protégez la République ».

Cette lettre s’inscrit dans un contexte où les débats sur la communication politique et l’usage des réseaux sociaux prennent une place croissante dans l’espace public guinéen, avec des interrogations récurrentes sur leur impact sur l’image des institutions et la cohésion nationale.

Laguinee.info 

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