L’Intersyndicale de l’éducation (FSPE-SNE) a annoncé la levée de la suspension du mot d’ordre de grève à compter du lundi 20 avril 2026, marquant une nouvelle étape dans le bras de fer engagé depuis plusieurs mois avec les autorités.
Dans un communiqué officiel, les responsables syndicaux indiquent que cette décision fait suite à « la décision issue de l’assemblée générale des membres des Bureaux exécutifs […] du 17 avril 2026 relative à la levée de la suspension du mot d’ordre de grève ». Cette assemblée, selon le document, a eu « un écho retentissant […] jusqu’au plus haut sommet de l’État ».
Des signaux d’ouverture du côté des autorités
L’Intersyndicale affirme avoir pris en compte plusieurs évolutions récentes, notamment l’ouverture d’un dialogue avec le gouvernement. Elle évoque « la lettre circulaire […] invitant l’Intersyndicale de l’Éducation à une prise de contact » ainsi que « le compte-rendu détaillé de nos membres ayant participé à cette rencontre ».
Le communiqué souligne également « les mesures engagées par le gouvernement, notamment la mise en place des différentes commissions » chargées d’examiner les revendications du secteur éducatif avant l’expiration du moratoire fixé au 17 avril 2026.
Dans ce contexte, l’organisation syndicale indique qu’elle « prend acte des évolutions enregistrées », sans pour autant considérer le différend comme définitivement réglé.
Reprise des cours dans un « esprit de responsabilité »
Sur le plan opérationnel, l’Intersyndicale appelle clairement à la reprise des activités pédagogiques. Elle précise agir « dans un esprit de responsabilité et soucieuse de préserver l’intérêt supérieur des élèves ainsi que la continuité du service public de l’éducation ».
En conséquence, elle « invite l’ensemble des enseignants à assurer la poursuite régulière des cours », marquant ainsi une suspension effective du mouvement de grève sur le terrain.
Maintien de la vigilance syndicale
Malgré cette reprise, les syndicats insistent sur la nécessité de rester mobilisés. Le communiqué appelle les enseignants « à demeurer mobilisés et attentifs à toute nouvelle orientation stratégique » en fonction de l’évolution des travaux des commissions en cours.
L’Intersyndicale rappelle par ailleurs son positionnement vis-à-vis des autorités, se définissant comme « un partenaire du gouvernement dans le cadre exclusif de la défense des intérêts matériels et moraux des enseignantes et enseignants ».
Elle précise toutefois que ce partenariat « n’est pas une complicité qui maintient les soldats de la craie dans une précarité indescriptible », insistant sur l’exigence de respect des engagements pris.
Une grève suspendue, mais non levée
Point central du communiqué : la grève déclenchée le 1er décembre 2025 n’est pas levée, mais simplement suspendue. L’Intersyndicale le rappelle explicitement : « la grève […] n’est que suspendue ».
Cette précision laisse ouverte la possibilité d’une reprise du mouvement si les négociations en cours n’aboutissent pas ou si les engagements gouvernementaux ne sont pas respectés dans les délais convenus.
Une phase de négociation sous surveillance
La décision de suspendre la grève intervient dans un contexte de tension prolongée dans le secteur éducatif guinéen. Elle ouvre une phase de négociation sous observation, où les avancées concrètes attendues par les syndicats seront déterminantes pour la suite du mouvement.
À court terme, la reprise des cours devrait permettre une relative normalisation du calendrier scolaire, tout en maintenant une pression syndicale sur les autorités.
Laguinee.info







