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Conakry : la famille judiciaire dit adieu au procureur Mohamed Bangoura dans l’émotion et les larmes

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La Cour d’appel de Conakry a abrité ce jeudi une cérémonie de symposium en hommage au procureur Mohamed Bangoura, décédé dans un accident de la circulation à Mamou. Magistrats, avocats, famille et amis de promotion étaient réunis pour un dernier adieu à ce jeune juriste de 40 ans, fauché en plein élan de carrière.

Le drapeau guinéen drapait son cercueil. Autour, des visages défaits, des yeux rouges, des gorges nouées. La Cour d’appel de Conakry n’avait pas connu une telle émotion depuis longtemps.

Mohamed Bangoura, décédé dans un accident de la circulation à Mamou

Né le 4 avril 1986 à Conakry, Mohamed Bangoura venait tout juste de fêter ses 40 ans quand la mort l’a emporté sur une route de Mamou. Nommé en février dernier procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de N’Zérékoré, il n’avait occupé ce poste que deux mois. Une vie, une carrière, une promesse, brisées net.

 

Les images de la cérémonie parlent d’elles-mêmes : des hommes en costume, habituellement impassibles dans les prétoires, s’avancent vers le micro les yeux embués, la voix brisée. Certains peinent à finir leurs phrases. D’autres serrent les mâchoires pour ne pas craquer.

La famille : « Un vide immense »

C’est Mohamed Saliou Bangoura, grand frère du défunt, qui a pris la parole au nom de la famille. La voix étreinte par le chagrin, il a retracé le parcours d’un homme qui avait choisi de servir la justice avec constance et humilité.

« Il a débuté au tribunal de Pita, avant de servir comme substitut du procureur au tribunal de première instance de Kaloum. Plus récemment, il avait été nommé procureur de la République près du tribunal de première instance de N’Zérékoré, fonction qu’il occupait depuis à peine deux mois », a-t-il rappelé, la gorge serrée.

Et de poursuivre : « Son départ brutal laisse en nous un vide immense et une douleur que les mots peinent à exprimer. Au-delà du magistrat exemplaire, nous pleurons un frère, un fils, un homme de cœur, profondément attaché aux siens, toujours disponible pour les autres. »

« Le Barreau n’oubliera pas »

Devant les micros des médias  confrères, Me Amadou DS Bah a pris la parole au nom du Barreau de Guinée. Visiblement touché, il a rendu hommage à un homme qu’il a décrit comme un magistrat respectueux des droits de la défense, une qualité rare et précieuse.

« Le Barreau salue en lui un homme de rigueur, de responsabilité et de respect des droits de la défense. Aujourd’hui, au-delà du magistrat, c’est un époux, un père, un pilier familial qui s’en est allé », a-t-il déclaré, avant d’adresser ses condoléances à l’épouse et aux cinq enfants du défunt.

Il a également associé à ses prières deux autres disparus de la famille judiciaire, Marcel Oularé et Maître Sarab Dioumessy, avant de conclure avec une formule qui restera : « Le Barreau n’oubliera pas. »

Le ministère de la Justice : « Parti à la fleur de l’âge »

Abdoulaye Baldé, représentant le ministre de la Justice, a salué en Mohamed Bangoura un serviteur loyal, dont les huit années de carrière ont été, selon lui, « très bien remplies ». Une carrière courte, mais intense.

« Durant cette période, il a incarné avec dignité les valeurs cardinales de la magistrature : l’intégrité, l’indépendance, la probité et le sens élevé du devoir », a-t-il déclaré. Puis, s’adressant aux enfants du défunt avec une émotion visible : « Je formule la prière que la vie qui s’est coupée en lui se renoue à celle de ses enfants, pour que ceux-ci vivent longtemps et perpétuent les vertus de leur père. »

Il a conclu en invitant l’ensemble des acteurs du système judiciaire à honorer la mémoire du procureur « en poursuivant avec détermination le combat pour une justice indépendante, accessible et équitable pour tous. »

Un homme, une famille, une vocation

Père de cinq enfants, marié, Mohamed Bangoura avait consacré huit ans de sa vie à la magistrature. Huit ans au cours desquels il avait traversé plusieurs juridictions du pays, des hauteurs de Pita aux couloirs du TPI de Kaloum, avant de rejoindre N’Zérékoré pour ce qui devait être une nouvelle étape de sa vie.

Dans l’après-midi de ce jeudi, son corps a été inhumé à Tanènè, dans le recueillement et la douleur de ceux qui l’aimaient.

À 40 ans, Mohamed Bangoura laisse derrière lui une famille dévastée, une institution endeuillée et le souvenir d’un magistrat qui croyait profondément en la justice. La Guinée perd l’un de ses meilleurs serviteurs de la loi, au moment même où elle en a le plus besoin.

Ismaël Sam pour Laguinee.info

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